Attaquer un régime, devenir qui on est, avoir la rage

Nike, un enfant obèse court et souffre "find your greatness"

Oh, le sujet Touchy, intime, gênant… Je reste persuadé qu’en partageant nos expériences, pour 10 personnes qui jugent, une progresse. Why Not ?

En fonction de l’echo que reçoit cet article, je publierai plus en détail les différents éléments qui le composent, ou pas. Inutile d’exposer gratuitement ma chaire flasque aux yeux normés du monde si ce n’est pour y trouver un écho de compréhension et d’intérêt. Je ne suis pas différent des autres, ni exhib, ni voyeur, juste avec l’envie de partager une réflexion personnelle.

D’où vient l’envie de perdre du poids ?

La part historique de mon surpoids n’a pas beaucoup d’intérêt. Disons qu’elle est arrivée à mon début d’adolescence et ne m’a pas quitté depuis. J’ai lutté mollement tout du long, me suis raconté ce qu’on se dit dans ces cas-là, qu’il faut s’accepter, que les amours sont plus vrais et les amis plus fidèles, que le monde juge durement. On passe à côté d’une part excitante de sa vie, on n’est jamais sûr de soi. C’est pas flagrant, ni douloureux, c’est en demi-teinte, comme une vague évidence. La piste de danse est pour les autres. Nous, on n’est rien de plus qu’un spectateur, trop difforme pour paraitre gracieux, trop rond pour être désirable.

On a pris l’habitude que la partie se joue sans nous. Ca ne fait pas mal. On apprend où est notre place, c’est tout. Le sport, c’est physiquement difficile. Les grandes randonnées, les voyages, c’est fatiguant. Eh oui, on porte sur nous un sac de 30 à 40 kg en permanence. Alors il faut s’organiser pour faire des haltes. Courir ? Non. Nager, oui. Bref, sans être en dehors de la vie, on ne peut qu’y participer en demi-teinte. Ca ne fait pas mal. Mais on a pris l’habitude d’éviter les miroirs qui renvoient toujours la même info.

L’avantage, c’est qu’on ne fait aucune attention aux restes des défauts qu’on peut avoir. On a notre bouc émissaire, et, ma foi, c’est plutôt pratique. Ca n’empêche en rien de vivre une vie amoureuse ou intellectuelle, mais il y a un peu plus de peur de la solitude. On ne se mélange pas autant qu’on voudrait. 

Ca ne fait pas mal. Il suffit de l’accepter. On mange à notre faim, des choses qu’on aime. Pas des bouteilles d’huiles au goulot ni du saindoux en tartine. Mais on trouve plus de plaisir à ces plaisirs de chairs qu’à courir 10 km. Alors, avec le temps, la logique s’installe. On est en surpoids, on nous désigne en surpoids, le monde nous renvoie en surpoids, on doit s’accepter en surpoids. On mourra gros.

Et c’est là que ça coincé chez moi. Chacun peut avoir ses croyances, mais je ne me sens pas si sûr qu’à la suite de cette vie, une autre où je serai mince arrivera. En fait, j’en sais rien. Alors, un jour, j’ai trouvé cette question qui est devenu mon moteur :

“S’il n’y a qu’une seule partie, un seul voyage, une seule aventure, vas-tu vraiment passer ta vie à marcher à côté de ce que tu sens être vraiment toi ?”. On ne fait pas de vague, on n’a pas assez de courage, on ne veut pas déranger. Et puis quoi ? On marquera sur notre pierre tombale “David, sympa, pas chiant” ? On vie pour qui, en réalité ? S’il n’y a qu’une aventure, pourquoi est-ce que je ne chercherai pas, par tous les moyens, à atteindre ce que je sens être ma vraie forme, ma vraie place ? On va pas passer toute son existence à s’excuser, si ?

Il y a un moment où je me réveille. Les problèmes liés aux poids, diabète, incontinence, apnée, cancer, les articulations qui coincent, la dépression, le manque d’exercice, les risques cardio-vasculaires, sérieux ? Pourquoi est-ce que je voudrai ça ? Pour ne pas déranger qui ? 

Alors, initiant ce moment il y a quelques années, j’ai jugé qu’il me fallait de l’activité. Mon travail étant particulièrement sédentaire. Et il y a deux mois, j’ai pris la décision d’amorcer le changement. Non, cet article n’est pas du tout là pour présenter un résultat final, mais un plan de bataille détaillé. Il résume ce que mes recherches m’ont amené à comprendre. Les problèmes que je rencontre et les solutions qui, pour l’instant, marchent.

La première motivation est de reconquérir, par la rage s’il le faut, ce qui nous appartient. Une chance de vivre la vie qu’on veut. Parce qu’on ne sait pas quand elle s’arrêtera, ni quand elle va commencer. Alors si la piste de danse vous tente, il va falloir accorder un certain temps à ce projet. 6 mois, un an. Et pour que ça puisse aboutir, il va falloir en faire un mode de vie durable, et non une diète qu’on interrompra à terme pour recouvrer, malgré nos réticences, le surpoids d’origine.

Etape 1. On se met au sport, de manière plaisante et durable

C’ets la première étape du plan. On a besoin des 3 grandes vertus du sport pour réussir ce projet. C’est incontournable.

 

La première vertu du sport : augmenter la dépense energétique au quotidien

C’est évident, pour maigrir convenablement, il faut limiter les entrées et augmenter les sorties. Se programmer une demi-heure de sport par jour est nécessaire pour perdre du poids efficacement et durablement. 

La seconde vertu du sport : Faire emerger l’energie et la volonté qui nous manque

On ne le souligne pas assez, je trouve, dans tous les régimes à la con qu’on nous propose. Le corps a besoin d’exercice pour se nettoyer, et la pensée en profite pour se débarrasser de tout ce qui l’encombre par la même occasion. On recommande le sport aux dépressifs, ce n’est pas pour rien. Par l’exercice régulier apparait un réel dynamisme et une vraie volonté de changer les choses qui nous nuisent. C’est un allié vital pour la réussite de ce changement.

La troisième vertu du sport : Cet incroyable bien-etre jouissif qui nous motive

Pour celles et ceux qui ne pratiquent que peu de sport et ont fait leur première course, leur premiers kilomètre à la nage, leur quelques bornes à vélo, il y a cet incroyable sentiment de bien-être à la clé, qui est fabuleux. Personnellement, je l’adore, j’en suis addict. Quand j’ai un coup de mou, quand je broie du noir, quand je me sens démotivé, je fais une séance et reviens empli d’une grande vitalité et d’un sentiment de vide et de bien-être qui est tout bonnement délicieux. Je le préfère à tous les gâteaux du monde, à tous les films, à tous les jeux vidéos. C’est une sensation unique et jouissive, une drogue, une ivresse, de laquelle il faut tomber amoureux dans sa vie.

On se met au sport, premières séances

La première course à pied semble toujours un défi hors de portée des gens en surpoids. Cela essouffle, fait mal aux articulations, on ne peut pas courir vite ou aller loin. On se sent humilié et ridicule, doublé par les autres sportifs, taillés en allumette, qui nous sourient par compassion, c’est détestable. 

Je vous recommande ces trois règles pour commencer. 

1ere règle du premier run : Ne pas chercher à réussir

Vous avez enfilé un jogging, une paire de basket, un baladeur, histoire d’écouter un peu de musique (moi, c’était les podcasts de Franck Ferrand au début) et de ne pas s’ennuyer. Vous avez trouvé un circuit simple, un peu isolé. Commencez à courir, mais surtout, surtout, arretez-vous à chaque fois que ca chauffe trop. Marchez, puis recommencez à courir. Marchez à nouveau. Repartez. Faites ça tout au long de votre circuit. La chose la plus importante, c’est le rythme cardiaque. Monter à plus de 130 ne nécessite pas du tout de courir vite. Vous le sentirez en commençant à avoir chaud, à transpirer et à vous sentir bien. C’est le cardio. C’est ce qui décrasse vraiment. On s’en fout que vous arriviez à faire ce circuit en entier en courant. Courrez, marchez, asseyez-vous, buvez, discutez, repartez. Ce qui compte, c’est le cardio. La sensation de plaisir arrivera dès la fin de cette séance, vous la sentirez.

2e règle, on doit courir très lentement

Le cardio se déclenche dans la sollicitation du corps et non dans la puissance déployée. J’ai commencé à courir moins vite que je ne marchais à pas rapide. 4 km/h. Tout d’abord parce que mes articulations n’auraient pas supporté les soubresauts de mon excédent de poids. Je rappelle qu’on porte un sac supplémentaire de 30 à 40 kg, voir plus pour certains. En second lieu, parce qu’aller plus vite ferait plus de mal que de bien pour commencer. On cours alors à toute petite foulée, on essaie de tenir à vitesse lente. On s’arrete si ca ne va pas. On reprend dès qu’on se sent prêt. Simple.

3e règle : on cherche le plaisir avant tout

Le sport est votre ami. Votre corps en a besoin pour s’épanouir. Votre esprit s’aère et se vide. Toute souffrance est donc à proscrire. J’insiste sur le fait que même si vous marchez à pas rapide, si vous transpirez, vous avez fait le job. Protégez vos articulations, ne courrez pas vite. Protégez vos muscles, n’allez pas là où ça fait mal. Profitez du voyage. Et découvrez la sensation de plaisir lorsque votre séance sera terminée. Programmez-vous un run plusieurs fois par semaine. Soyez égoïste et honorez-ces rendez-vous pour vous. Le cardio et la courses multiplient vos dépenses énergétiques et vous dynamisent.

Et après ?

Après, une fois l’activité régulière en place, variez les plaisirs. Piscine, vélo, rando, etc. Bougez, bougez, bougez. Une demi-heure puis une heure par jour. Vous allez finir addict de cette sensation de pur bien-être.

 

Etape 2 : On change sa manière de cuisiner et on maintient le plaisir en priorité

Je ne suis pas partisan du sacrifice, mais de la transformation. Fine gueule, je le serai toujours. Mes gouts ont changé pour des choses plus saines, mais toujours gourmandes. Je m’amuse beaucoup à trouver de nouvelles manières de cuisiner pour obtenir les effets de plaisir toujours aussi intenses, mais avec les calories en moins. Je ne suis pas capable de me frustrer, alors il fallait que je trouve d’autres sources de plaisir pour que ça marche.

1er changement, on arrête le sucre, le sel et les farines

Ah, le salaud, il nous a trahi. Non, pas du tout. Je vous promets le même plaisir sans ces trois ingrédients. Le sucre est énergisant mais aussi dangereux, et en ce moment, tout le monde en met partout. L’excès amène beaucoup de complications de santé. Cependant, il y a un secret à connaitre. On peut rééduquer son gout.

Depuis des décennies, vous mangez trop de sucre. Votre sens du gout s’y est adapté. Les pâtisseries sont bonnes, le café meilleur sucré, les fruits parfois fades. Arrêter le sucre, sans le remplacer, rééduque le gout et finalement, pour moi, aujourd’hui, les pâtisseries sont immangeables, les fruits succulents et le café noir très plaisant. 

Pour le sel, c’est pareil. Il engendre de la rétention d’eau, de l’hypertension, et joue surtout un rôle d’exhausteur de gout. Plus de saveur, on l’obtient aussi par les épices. Essayez le cumin, les poivres, les herbes fraiches ou sèches au lieu du sel, vous verrez, on s’en passe très bien. Et dans le cadre d’un régime, comme le préconise le meilleur programme au monde, le DASH, c’est sans sel pour y parvenir.

Les farines sont des sucres lents trop raffinés, sans fibres, qui font de la graisse plus vite que vous ne l’imaginez. En plus de vous encrasser l’organisme, ils ralentissent la digestion. Ralentissez le pain, ou préférez le complet, éviter la farine blanche, les pâtisseries, cuisez vos pâtes toujours Al Dente, préférez le riz, les céréales sèches. Vous verrez, il y en a partout. C’est l’horreur de s’en débarrassé, mais certaines farines sont sans gluten, ou très protéinées naturellement. Finalement, le gout ne change pas trop et l’effet est bien là. On quitte la table sans sentiment d’excès. Pas de lourdeur. Pas de trouble de la digestion. Ca vaut le coup.

2e changement, on commence à se faire plaisir avec une cuisine plus saine

Je découvre chaque jour des recettes à tomber par terre, sans huile, sans gras, avec des légumes et des viandes. Il faut toujours chercher le plaisir et ne rien sacrifier.

Quelques exemples : Dans un bol, écrasez une banane, ajoutez un peu de fromage blanc, battre, ajouter des noix et une cuiller de confiture. C’est succulent. Ajoutez des fraises en tranches et savourez un dessert bien meilleur qu’une pâtisserie grasse et sans saveur.

Coupez du chou chinois en tranche et blanchir. Dans un saladier, cassez un oeuf, ajoutez une cuiller de farine (de préférence non blanche) et le chou chinois blanchi. Melangez jusqu’à ce que l’appareil soit sans grumeux. Passez à la poêle et faites en des galettes. Ajoutez en garniture un peu de jambon, un peu de fromage, une sauce tomate, une purée de hareng, ce que vous voulez, comme pour une pizza, c’est succulent.

 

Dans une poele avec couvercle, faites bouillir un fond d’eau, avec du cumin, un trait de sauce de soja et des oignons émincés. Quand cela boue, mettez-y des tranches de filet de dinde (viande très bonne et peu grasse) pour les pocher. Sortez-les une fois blancs et fermes et mettez-les dans un pain à hamburger avec salade, tomate, et un mélange de fromage blanc, ketchup, mayo et une tranche de fromage fine. Un hamburger super gourmand et pas gras à la viande gouteuse, fondante et parfumée.

 

Dans une casserole, coupez en morceaux oignon, courgette, carottes et un peu d’eau. Faites bouillir. Quand ils deviennent fondant, ajoutez du lait de coco maigre et du curry. A coté, prenez de la viande de boeuf haché (5%) et melangez avec un oeuf et de l’ail ecrasé. Epicez. Faites des boulettes et placez celles-ci sur le curry qui cuit et couvrez. 10 minutes après, servez ce plat avec un riz blanc. C’est délicieux, gourmand, jouissif et pas gras.

 

Bref, il existe toute une cuisine sans gras ou avec très peu d’huile. Le plaisir est là, vous ne serez pas frustrés si vous êtes curieux et créatifs.

3e changement, on découvre, apprivoise et aime notre faim

Comme vous amorcez un changement durable, il va falloir laisser entrer la faim. Il ne s’agit pas d’en souffrir par manque de nourriture, mais de la laisser s’exprimer à sa guise. Si vous avez peur de la faim, vous ne pouvez pas réussir.

La faim est une amie. Se sentir vide n’est pas une douleur. On peut rester un mois sans manger avant de mourrir. Une demi-journée, ce n’est pas dangereux.

Quand vous faites du sport, essayez d’être à jeun. Vers midi ou vers 19h, ou le matin, avant le repas, c’est idéal. Vous sentirez un vrai plaisir à avoir faim. Et vous n’aurez pas non plus envie de manger excessivement juste après. On doit apprivoiser la faim. Manger des bolées plus petites et quitter la table avant de se sentir repu. Si la faim nous tenaille, on mangera des fruits frais, des noix, des amandes, avec un verre d’eau. Ca partira vite. Apprivoisez votre faim.

 

 

Voila ce que je peux en dire en première étape. Vous avez ici de quoi vous mettre en route. Chacun le fera à sa manière, mais ce qui compte, c’est que vous vous sentiez bien chaque jour dans votre corps. N’acceptez plus cette violence envers soi de se contempler sans s’apprécier, par renoncement. Il n’y a pas de corps idéal, mais il y a des silhouettes qui vous semblent repoussantes. Si la votre en fait partie, changez. N’attendez pas.

Je peux, par la suite, approfondir toutes ces thématiques que je m’applique déjà à moi-même. Je peux vous parler des objets connectés qui peuvent réellement vous aider, des étapes d’évolution dans le sport, du rythme de perte de poids à attendre, le succès de cet article me l’indiquera. 

 

 

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