Je ne regrette pas la seconde chance donnée à ce film !

Je viens de regarder Aquaman. Alors que pas un film de chez DC Comics m’a fait sourciller, voilà que je prends un plaisir monstre à suivre les aventures maritimes de ce héros au nom le plus ridicule de toute la clique. Le film est grandiose, splendide, puissant. Et à la fin du générique, au bout d’un dénouement qui m’a essoufflé, j’ai repensé à un film auquel j’ai redonné une chance, un jour. Et qui me l’a bien rendu.

Non, ce n’est pas Inception !

Pourquoi je dis cela ? Parce que j’ai dû aussi redonner une chance à ce film de Christopher Nolan. De ce réalisateur, j’en étais resté à Batman. Une trilogie qui m’avait laissé sur ma faim. Le premier était moyen, le second pas mal, même si le dilemme du prisonnier avec des bateaux m’avait semblé un peu facile, et le troisième m’avait déçu.

Je reviens dessus dans un instant.

Inception est donc sorti et je suis allé le voir. Je suis ressorti de la salle avec un sentiment de confusion. Je n’avais pas compris grand-chose. On va dans des rêves, on se bat, on cherche un Mc Guffin, c’est à dire un « truc » que tout le monde veut. C’était verbeux, joli parfois, lent. Voilà la sensation que j’avais en sortant de la salle.

Je ne lui ai pas redonné une nouvelle chance tout de suite.

Il a fallu qu’Interstellar sorte et que j’entende un critique de cinéma, que je respectais beaucoup pour sa connaissance du 7e art et son goût sûr pour les bon films, dire qu’il trépignait à l’idée de le voir suite au chef d’œuvre qu’était Inception.

Je me suis dit, humblement, que je n’avais juste pas compris le film si celui-ci était si bon. Je ne suis pas plus con qu’un autre. J’ai donc décidé de le revoir. Interstellar sortait dans quelques semaines. Je me suis fait une soirée spéciale. J’ai été dans les meilleures conditions pour revoir ce film sur les rêves, et, pour faire simple, j’ai été terrassé ce soir-là.

En prenant le scénario avec attention, on découvre non seulement une trame complexe sur 3 niveaux, mais de véritables mystères à résoudre en parallèle de l’histoire qu’on nous raconte. Je multipliais les pourquoi, je parcourais les mondes, je tentais de déterminer des règles que les protagonistes ne connaissaient pas aux rêves, j’admirais les décors et leurs symboliques. Ce film a bénéficié d’une attention exceptionnelle lors de son écriture. C’est un chef d’œuvre comme on en voit peu. Bouleversant. Une cathédrale ! Un panthéon. 

Non, ce n’est pas Batman Rises

Batman rises m’avait fait l’effet d’un rendez-vous manqué. Je trouvais le scénario presque cartoon. Des stades qui s’effondrent, une ville fermée parce que les ponts sont tombés, des méchants juste mechant. Je n’estimais pas la trilogie, alors ce troisième volet clôturait une histoire un peu facile, dans un réel bien arrangé, et finissait de remplir les caisses du réalisateur trop vite adulé. Mais ça, c’est ce que je pensais avant Inception…

Bien sûr, lorsqu’on prend conscience qu’une seule œuvre d’un artiste, quel qu’il soit, est un chef d’œuvre de finesse et de talent, on s’interroge tout de suite sur les autres. Et on les requestionne avec ce regarde aimant et curieux.

J’ai donc repris la trilogie du début dans une soirée marathon. Et la claque a été là. Et pas qu’une fois. Bien que le premier soit facile, le fameux Batman Begins avait tout de même l’audace de poser des jalons très solides dans l’histoire du petit Bruce élevé au Ra’s al Ghul. Le second a créé un personnage bien plus passionnant que je n’avais pu le capter au premier visionnage. Le Joker est une expression nihiliste philosophique en confrontation avec la société. Le chaos et non le mal. Mais il reste convaincu que le chaos est la liberté et que c’est bien elle qui terrifie tout le monde. Les leçons de vie du Joker m’inspirent encore lorsque je dois sortir de ma zone de confort. Why so serious? La mort des gens te concerne-t-elle vraiment ? Ne te mens-tu pas en te disant incapable de quelque chose alors que c’est juste que cette chose va te coûter un truc précieux pour l’obtenir ?

J’ai aimé. Lorsque l’ordre rencontre le chaos, et que les deux se mélangent pour s’accomplir. Les bateaux prennent même un sens nouveau. Le dilemme est plus subtil. Bref, j’ai adoré. 

Et le Rises ?

La claque suprême. Une conclusion de grands arcs narratifs de manière rigoureuse et efficace. On se souviendra de la mort de Cotillard comme la preuve d’une mauvaise réalisation, mais il ne s’agit pas de ça. La pauvre avait fait la scène des dizaines de fois, et le réalisateur a aimé cette scène plutôt que les autres, pourtant mieux joués. Ça a mis un grand coup de frein à sa carrière d’actrice. Dommage, parce qu’elle est magnifique.

Catwoman également, Banes intelligent autant que cruel, Alfred touchant, Gordon puissant, la ville comme véritable personnage. C’est la peur que j’ai retrouvée dans ce second visionnage. Redonner une chance à un film permet parfois de trouver la bonne manière de l’appréhender. Comme si on avait raté le premier rendez-vous et qu’on était enfin à l’heure pour le second. 

Reste le karma. La mort d’Heath Ledger a fait jeter le scénario original du troisième volet aux oubliettes pour un travail de réécriture from scratch.

J’aurai aimé connaître le développement du Joker. Ça reste une frustration immense que de ne jamais voir finir son histoire… Nous ne connaitrons jamais la raison de sa cicatrice qui a donné son sourire…

D’autres films n’ont pas eu la chance d’être au rendez-vous du public

J’ai eu la chance d’aimer des films que le public n’a pas appréciés. C’est comme être amoureux d’une personne que peu de gens supportent. C’est un privilège. Nous sommes alors dans la tête du réalisateur, dans son cœur. Nous avons partagé sa vision. Nous en sortons émus.

Cloud Atlas : le mille-feuille trop pas clair et mal-aimé.

Jupiter ascending : oh oui, Detestez-moi, je suis trop bon !

Phénomène : Le Shyamalan de la platitude

Captain Fantastique : La philosophie, à un moment, ça saoule !

Memento : Trop cérébral pour un thriller

Dédales : Mais non, les Français ne savent pas faire des thrillers !

Ils sont partout : c’est juste des sketches pas drôles sur les juifs

Eyes Wide Shut: c’est leeeeeennnt !

Fast & Furious 3 : Un film de bagnole pour décérébrés…

The Emoji Movie: un dessin animé sur les émojis ? Sans intérêt

Tout là-haut : Kev Adams ? Non merci !

The Square : L’art contemporain, c’est trop chiant !

Sherlock Holmes : Mais ça n’a rien à voir avec le vrai personnage de Sherlock ! 

A ghost Story: les films d’auteur de fantôme à petit budget, c’est nul.

Swiss Army Man: le scénario est trop barré, les blagues sont bizarres…

The founder: qu’est-ce qu’on en a foutre de Mc Donald’s ?!

After Earth: Le Shyamalan le plus raté de l’histoire ? Le début de la fin

Kong Skull Island : Encore un king Kong, mais mal fait cette fois…

Disparue en hiver : Kad Merad dans un film sérieux ? Il ne se prend pas pour de la merde…

Alice through the looking glass: ouais, ben la suite d’Alice au pays des merveilles, joli, sans intérêt.

The end: tu vois Depardieu 2 heures dans la foret, à peter, roter et crier.

Pour tous ces films, et tant d’autres, j’ai été au rendez-vous. Réceptif, confiant, et j’ai reçu de véritables trésors inoubliables. J’ai été emporté, bouleversé, conquis, submergé. Ils sont aujourd’hui au panthéon des chefs d’œuvres cinématographiques de ma vie. Et pourtant, le public les a boudés…

Alors, quand j’ai pu reprendre ce film, dont je veux parler depuis le début, de la bonne manière. J’ai vécu le plus grand des voyages, et je n’en imaginais pas tant possible.

Voici le film auquel il faut accorder une seconde chance.

Découvrez l'affiche

Et voici pourquoi

Valérian est un projet extrêmement coûteux. Quand je suis sorti du film, la première fois, j’étais déçu. Je n’aimais pas l’héroïne. Une vraie pimbêche. Le héros me semblait un peu con. Et tout le monde les prenait pour des héros. Presque des Dieux. Le scénario était plat, le rythme décousu. L’histoire de cette peuplade dont on a cassé la planète, pas palpitante.Et puis je me suis quand même dit : Besson n’est pas un con, et il a déjà fait des films que j’ai trouvé brillant. 200 millions d’Euros, c’est énorme.

Ce n’est pas pour le plaisir de faire le film le plus cher. Et en plus, il voulait en faire une saga défiant Star Wars. Ce n’est pas rien. Qu’est-ce que je n’ai pas compris.J’ai relancé le film, dans de bonnes conditions, avec la conviction que l’œuvre avait été pensée de bout en bout pour faire un succès, mais qui se voulait avec un certain regard d’auteur, comme Besson sait le faire. Et là, la claque.Je ne comprends pas comment je n’ai pas vu ça. Mon cerveau était branché sur le mode Blockbuster, la première fois.

À présent que je questionne le film, je comprends Laureline, échaudée, qui maîtrise sa féminité et sait maintenir la juste distance avec l’homme qu’elle aime, Valérian, mais dont elle sait qu’il lui fera perdre de la valeur s’il arrive à la conquérir.Je n’ai pas vu non plus le courage et la détermination de Valérian, quand il le faut, et sa véritable puissance. Je n’ai pas été touché la première fois par Rihanna, qui a certes touché son chèque, mais en a donné pour notre argent aussi, au travers d’un personnage extrêmement émouvant.

Je n’avais pas compris l’enjeu du peuple de Mül, éminemment politique, terriblement lié au destin des Milles planètes, comme un secret honteux qu’on cache au monde.Bien sûr, j’ai consommé sans regarder les centaines de races alien présentes dans le film. J’ai pris les décors comme on boit un soda, sans m’émerveiller devant ce travail remarquablement créatif. Je n’ai pas vu toutes les blagues en fond de décor, sur les personnages secondaires.

Je n’ai pas vu les mimiques drôles et critiques de certains représentants de l’ordre, et encore moins la folie des grandeurs lors d’une scène qui traverse les mille planètes.Ce jour-là, j’ai accroché. J’ai aimé. J’ai vibré. Et j’en veux encore.

 

Mais non. Le film a fait un four. Besson a failli vendre Europa Corp. On peut oublier une suite un jour. Ces personnages que j’ai fini par réellement aimer ne reviendront plus pour la suite de la saga que j’espère encore secrètement.

Tout ça pour vous dire : soyez au rendez-vous. Donnez des secondes chances. Ne prêtez pas d’intentions purement mercantiles aux artistes.

Beaucoup, lors de la réalisation d’un film, y mettent du talent et du cœur, même si cela ne se voit pas assez parfois. Cherchez le, ce cœur. La vision, le détail qui vous fera lire le film dans le bon sens. Ça peut vous amener à vivre des expériences inédites et puissantes. Comme ce film l’a été pour moi.

Et je parlais tout à l’heure de Jupiter Ascending, des sœurs Wachowsky.

C’est le même destin que Valérian. Trop immense pour qu’on puisse le caser dans un stéréotype. Trop spécial. Trop intense. Épuisant, même.

Mais qu’est-ce que c’est bon…

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