Far Cry 3 (Xbox 360) : Ayé, fini !

Far Cry 3

Ça y est, je l’ai fini! Je l’ai fini… Et déjà cette sensation de vide m’envahit. Vous la connaissez, elle apparaît quand on vient de finir un jeu dans un univers qui a fini par nous devenir familier.

Le jeu se finit, le générique apparaît, et on est soudainement empreint par une nostalgie étrange, d’une inquiétante étrangeté et d’un envahissement tristement… euh… envahissant?
Sur quoi devrais-je m’étendre ici? Les qualités me semblent évidentes. Ce jeu est interminable, à qui ne veut jamais le terminer. Il est beau, vaste, libre, bien fourni, le gameplay est superbe, les quêtes secondaires passionnantes, le jeu est une vraie évolution sur son prédécesseur et en fait, non, je dis que de la merde.

J’ai adoré le jeu, c’est vrai, mais faut pas déconner non plus, c’est pas le titre du siècle et Ubisoft ne perd pas ses habitudes de poil dans la main quand il s’agit d’innovation ou de corriger les défauts. Ce que j’ai adoré, c’est cette île et ce sentiment de liberté. Aller où veut, prendre un véhicule, courir dans la brousse, c’est toujours jouissif.
La première innovation à leur concéder, c’est l’intégration de la chasse pour motiver l’exploration de l’île, et vous verrez que le chapitre de la motivation est loin d’être clos avec ça. Chasser le tigre, le buffle, le chien, l’autruche (c’est un truc bleu plus petit, mais je les déteste, alors pour les faire chier, je dis autruche), le varan, l’oiseau, le requin, la raie, la tortue ou pour finir le cerf, ça peut être casse-couilles, et c’est d’ailleurs souvent le cas. On les suit à la trace pendant des heures, on n’arrive pas à les dégommer, ou pire, ils nous attaquent et nous buttent (et un varan bien entraîné est plus fort qu’un headshot de sniper dans ce jeu, il faut le savoir). Si on leur court après, c’est pour les dépecer. Mais non, c’est pas dégueulasse! C’est même super bien pensé. En fait, la peau, qui peut être revendu, mais ça, on s’en fout, sert aussi à la « confection ». On confectionne quoi? Des holster, des cartouchières, des sacs à butin, des sacs à roquette, des portefeuilles même, c’est dire! Un peu comme une recette de cuisine, vous comprendrez rapidement que pour avoir une arme secondaire, vous allez devoir chasser le cerf dans les forêts du nord, ou le requin au jetski. Bref, ça peut prendre des après-midi entières, mais c’est jouissif de réussir à finalement custom son perso à base de chasse. Bien vu, bravo et merci!

Allez, j’équilibre avec un truc très merdique. Le fric est catastrophiquement géré dans ce jeu. Loin de vous manquer, au début, vous en trouvez trop facilement et après vous ne pouvez même plus le dépenser. J’ai fini le jeu avec le portefeuille maximal plein et une impossibilité de le vider en achats utiles. Parce que j’avais tout, et que tout m’était offert!
Je m’explique.
Quand vous débloquez des antennes-relais, les magasins d’armes vous débloquent des joujous gratos et à volonté. Par exemple, pour une antenne du nord débloquée, vous recevez l’accès illimité au KPM. Donc le machin qui coûtait 2500 $ vous est offert jusqu’à la fin du jeu. C’est cool! Mais voilà, débloquer les antennes vous sert surtout à vous, car il débloque votre GPS au passage et vous permet de voir précisément les cartes. Moi, je voulais les cartes. Au final, j’avais la totalité des armes gratos. Et comme le fric ne sert quasiment qu’à acheter ces armes (ou à acheter des cartes aux trésors pour trouver plus de fric, ce qui n’arrange pas le problème), le fric, assez rapidement, vous vous en foutez. Et ça va engendrer un des plus gros problèmes de motivation dans le jeu, et pour ça, je leur en veux beaucoup, car ils ont enlevé ce qui été vraiment bon dans Far Cry 2 : Une raison de courir. Exit les diam’s à échanger, exit les armes légendaires, exit les trésors utiles cachés. Ici, vous explorez un ancien temple inca avec la conviction que la seule chose possible que vous trouviez est soit une statuette débile sans pouvoir à collectionner (il y en a 200 dans le jeu, youhou!), soit des malles contenant un item au hasard (dont vous ne verrez que le nom et la valeur de revente, du fric quoi) et des soussous. Résumons. Vous venez de traverser un temple ancien, vous avez fait peter une porte à la dynamite, vous êtes entré en sautant dans un gigantesque gouffre empli d’eau et une galerie immergée et là, face à la statue de wampakalaouitcha, une malle qui contient… un paquet de clopes et une barrette de chocolat, youhou, distribution aléatoire des items! Bon donc vous l’aurez compris. Assez rapidement, on arrête l’exploration, alors qu’ils ont modélisé une carte de taré remplie de coins incroyablement beaux, mais comme la récompense est sans surprise, on laisse vite tomber. Quel gâchis de feignasse…

Un truc positif! Vous vous souvenez des pouvoirs de Far Cry ? Les instincts qui se développent? L’odorat, la force, la vitesse. Ici, au-delà d’un arbre de compétence dans lequel vous pourrez dépenser vos points d’XP acquis au fil de vos cabrioles et customisant les réflexes de votre bonhomme, vous pourrez surtout faire de la… cueillette. Oui, en cumulant des plantes de différentes couleurs, vous pourrez vous créer des injections qui vous donneront de la vie, qui repousseront les animaux ou au contraire vous rendront invisible à leurs yeux, décuplera votre force ou votre vision, bref, c’est tous les cocktails du monde que vous pourrez utiliser pour custom vos actions! Et pour aller chercher des feuilles ambrées en montagne ou bleues au fond des eaux, on se marre bien parfois.

Allez, un truc négatif. Ce jeu ne vous accorde pas le degré d’aventure que vous pouvez légitimement espérer. Le monde est ouvert, les PNJ vous expliquent où aller et quoi faire, vous vous intéressez à la trame et restez fidèle à la quête principale, mais rien à faire, même en mode difficile, le bouton de destination reste pointé sur le GPS. Quand on doit rejoindre une ville, c’est cool, mais quand on doit retrouver des débris d’un avion en pleine forêt, je vous jure que ça gâche le plaisir de les voir indiqué tous sur le GPS. Ça fait très « mongol ». « j’ai caché un truc, suis le GPS pour le trouver et amuse-toi! ». C’est pas drôle, c’est comme un mec qui spoilerait tous les épisodes de X-Files à chaque fois que t’en regardes un que t’avais jamais vu.

Retour au positif! Les 38 étapes de la quête principale sont vraiment superbes. Bien sûr, c’est sur rail, et bien sur, vous devrez les passer dans l’ordre, et bien sûr, c’est scénarisé à coup de clichés plus que d’innovation (c’est du Ubisoft, les feignasses du scénario », mais mon vieux, les doublages, les persos, les actions, les missions, c’est juste kiffant. Pour une étape, il m’arrivait d’y passer plusieurs heures. On arrive sur place, on voit le problème, on observe à la jumelle [bon, c’est un appareil photo, mais comme c’est pas crédible, on va dire jumelle], on choisit d’entrer en force, en subtilité, en fu-fu, au snipe, ou même par voie aérienne, on implique des animaux dedans [libérer un tigre dans un camp ennemi, ça fait son effet], on localise les alarmes, on trouve les dépôts d’armement, on repère les lieux, on fonce et on réussit. Moi, j’ai adoré!

Et un autre point négatif, mais qui ne concerne que les joueurs console et pour ma part la 360. La manette est nulle. Sérieux, c’est l’angoisse, le changement d’arme est super lourd. Les touches de raccourcis sont réservées à des débilités, rien n’est à sa place classique et je suis mort un nombre incroyable de fois pour ne pas avoir réussi à changer mon arme à temps. Le sniper pour le corps à corps, ça marche autant qu’un pistolet à plomb. J’ai enragé tout du long à mourir bêtement à cause de ça. Je mets dans le même panier un choix désastreux d’indicateurs de localisation autour de soi. J’avais l’impression de ne jamais savoir d’où venait la blessure. J’ai été tué par des chiens parce que je ne savais pas où ils étaient autour de moi. Au final, je jouais à chat perché le temps de les repérer pour les dégommer ensuite. Une vraie merde.
Mais comme je suis sympa, je fais un pack manette. La rotation du perso est horriblement lente! Aucune vivacité, je me faisais dégommer dans le dos sans pouvoir répliquer. C’est impardonnable, car justement, Far Cry 2 faisait mieux! Qu’est ce que j’ai pu maudire le jeu.

Un dernier positif : arrivé à un moment du jeu, le scénario vous offre la possibilité d’accéder à une seconde île. Le gameplay est différent sur ce nouveau terrain, car votre rôle change. Plus subtile, plus agréable, les paysages plus contrastés, globalement plus dynamiques, c’est une vraie bonne surprise après l’exploration étendue de la première.
J’ai vraiment adoré ces cartes, les grottes contenant les lettres d’anciens soldats aux histoires horribles, les camps retranchés qui ont chacun leur spécificité, les véhicules allant du jetski au deltaplane, et parfois l’hélico, les reliefs, les fourrés où on peut se mettre à l’abri, les attaques-surprises, les animaux comme renforts ou complication, c’est un régal de tenter des stratégies. Les lieux sont conçus pour vous en mettre un max à disposition. À vous de trouver votre point de sniper, ou à piéger à la mine les circuits des ennemis, bref, la liberté, c’est vraiment excellent! Je finirai en ajoutant que comme tout ce beau monde est en interaction permanente, j’ai vu des ours débouler dans des camps que j’attaquais et tuer tout le monde, ou renverser ma jeep alors que j’étais poursuivi. Bref, la surprise est aléatoire, et ça, j’aime beaucoup!

Et le petit dernier négatif : Il y a beaucoup de bugs graphiques. Entre les mecs pris dans les murs des baraques, les ours qui te défoncent à travers du béton, les attaques qui passent alors que c’est impossible, les mecs qui te voient quand t’es super bien caché, bref, tous ces trucs qui te mettent en colère parce qu’ils te font perdre de manière parfaitement injuste, eh ben y en a plein.
Allez, je le mets aussi ici, le jeu est sacrément moche. Qu’on soit clair, il est beau, mais à comparer avec la version PC, on se fout de ma gueule !! À 50 mètres, c’est des cubes, à 30 mètres, on se donne pas la peine de mapper. En gros tu vois clair et à peu près précis à 20 mètres. C’est la version myope.
Bon, allez, encore un truc négatif à savoir… Oui, je sais, ça fait beaucoup, mais faut bien faire son taff. Les quêtes secondaires sont soit nulles, soit répétitives. Mais les principales sont top et variées. Vous voilà prévenu.

En conclusion. Je l’aime, c’est de l’amour. De là, on accepte les défauts et on en profite! Un jeu qui vous invite à partir à l’aventure avec un tel sentiment de liberté en version FPS, c’est plutôt rare. Autant Dead Island proposait un peu ça, mais il n’arrive pas à la hauteur du plaisir engendré par l’exploration d’un vieux temple, d’une base désaffectée, et s’il y avait des récompenses exceptionnelles par lieu, je crois que j’y serais encore.
Bref, finir le jeu a été une grande tristesse, une nostalgie, une émotion de savoir que je n’y retournerai plus. Il me manquera et ça, malgré tous ses défauts, ça reste la signature d’un sacré bon jeu.

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