Dishonored (Xbox 360) : Oui, t’es beau ! Ouiiiii !

Dishonored

Dishonored est un très bon jeu, et il a gagné le prix « jeu de l’année » délivré par Gamekult avec une participation de plusieurs milliers de votants. Et je ne suis pas d’accord.

Je viens de finir l’aventure, et je reconnais à ce jeu un grand nombre de qualités qu’il faut souligner.

La première que tout le monde lui accorde et moi aussi bien volontiers, c’est l’univers. Le jeu a choisi de se situer dans un univers proche du nôtre, mais dont le développement et les moeurs oscilleraient entre l’ère victorienne et la Première Guerre mondiale. À vous les joies du Steam-victorian Punk. Une ambiance claire et lisible tout en étant déconcertante : Arme à feu, magie, impératrice, cours, maître-espion, Peste, sorcellerie, distillerie de whisky, chasse à la baleine, îles et navigation. Les paysages, l’architecture, les costumes, tout invite à une identification de plusieurs univers que nous pouvons connaître. Familier et Uchronique…

En second lieu, le game design. Julien avait raison de dire que ça me plairait. Le jeu nous amène naturellement à incarner un profil de joueur type dont l’univers offrira l’espace d’expression de manière égale. Et c’est là la grande beauté du jeu. Infiltrer un bâtiment peut se faire en reprogrammant les tourelles de défense, en passant par les égouts ou le toit, en détruisant à la grenade les postes de garde, en usurpant parfois une identité ou encore en possédant un personnage non joueur le temps de passer les portes. Bref, choisissez votre style et exprimez-le pleinement. Il y aura toujours une voie pour le radin en munition, pour le voleur, le bourrin, le magicien ou l’aventurier. C’est étonnant, car naturel! Pour ma part, je me suis rapidement spécialisé dans l’invocation de rats affamés qui mettaient en pièce mes ennemis sans que je me révèle à eux.

En troisième lieu, je parlerai du game level. Chaque niveau offre une multitude de chemins, mais aussi des objectifs secondaires à remplir. Vous pouvez les accomplir de manière létale ou non létale, à votre convenance. Les pouvoirs sont adaptés au monde. Vous ne pourrez pas toujours gagner avec un pouvoir bien aiguisé et la ruse est non seulement nécessaire pour passer des zones surveillées, mais elle est même fonctionnelle! Attirez des gardes dans un piège (mine tranchante + bruit de verre brisé), invoquez des rats pour faire une diversion, téléportez-vous derrière les gardes pour les étouffer discrètement. Bref, choisissez votre route!

Pour toutes ces raisons, le jeu mérite sa place de meilleurs jeux de 2012. Cependant, je ne suis pas tout à fait d’accord avec le verdict, et mes critiques seront des reproches de ne pas avoir fait vraiment aussi bien qu’ils le souhaitaient.

Première remarque : Le jeu dure à peine moins de 10 h, et même pas en ligne droite. Les quêtes secondaires se comptent au goutte-à-goutte, les bonus sont homéopathiques et sans originalité. Les armes ne sont pas customisables outre mesure (les améliorations proposées sont vraiment foireuses), bref, c’est bien de faire un monde splendide, mais a quoi bon si on ne nous donne pas l’envie de le parcourir. Vous trouverez tout de même en fouillant bien des genres de cache de bonus, mais il n’y a aucun objet précieux à collecter, aucun document secret susceptible de renverser la partie… Bref, le jeu se contente d’une recette de base sans extra ni stimulant en dehors de sa quête principale.

Et c’est ça le problème justement (deuxième remarque) : le scénario est prévisible à des kilogrammes de kilomètres! Vous êtes accusés du crime de l’impératrice, crime que vous n’avez pas commis. Sa fille, héritière du trône a été enlevée. Vous êtes arrêté par les gardes. Racontez la suite. Oui, vous pouvez sans doute raconter la totalité de l’histoire à partir de là. Bref, pas vraiment fantastique sur le plan narratif. Sans surprise, même. Et ça compte pour moi, ça…

En troisième remarque, c’est le coup de gueule final. Ça suffit, enterrez l’Unreal Engine! C’est le même depuis Half-life! Ça fait 12 ans qu’on ne peut pas casser les fenêtres, les décors, qu’on ne peut pas se cacher derrière ce qui n’a pas été prévu pour, qu’on ne peut pas saisir n’importe quel objet dans la pièce! Ici, à part les bouteilles vides, la bouffe, les munitions et les verres le reste est collé au sol! J’en ai marre. c’est pas possible. Quand on voit des Far Cry 2 faire mieux que ça, ça pose question. Et puis ça devient moche, à force les bâtiments carrés, ça sent la poussière, les meubles dupliqués, les architectures identiques, les murs invisibles, les ennemis qui popent dès qu’une alerte est donnée (même quand le chemin dont ils viennent est nettoyé et impossible d’accès). Ça gâche le plaisir de l’infiltration de savoir qu’il y a des couloirs et que les dieux programmeurs ont déjà prévu tous vos destins…

Le jeu se prétend ouvert, mais il ne l’est pas. Vos choix sont limités, mais la manière de les réaliser vous incombe. J’ai refait deux fois le même niveau et ne suis pas passé une seule fois par le même endroit. C’est vraiment top! Mais le jeu ne tient pas ses promesses. Attendez-vous à une forte odeur de Half-life. Bon, le Best Half-Life EVER, mais un moteur bien poussiéreux que les brillants créateurs du jeu (dont un qui faisait partie, tient donc, de l’équipe originelle de Valve sur Half-life) n’arriveront pas à dissimuler malgré une densité narrative des décors qui a tout lieu d’impressionner les plus exigeants dont je fais partie.

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