Dunkerque, ou quand Nolan fait joujou avec la guerre

Dunkerque, une armée guette le ciel

Dunkerque n’a pas été une guerre, ni une bataille. C’est l’histoire d’une fuite, mais sans doute la plus admirable fuite de l’histoire.

Ah, Dunkerque, ses plages interminables, ses épaves de bateau encore fumantes, ses avions de chasse mitrailleurs et bombardiers, ses centaines de milliers d’hommes qui tremblent pour leur vie et bien sûr, ses 9 jours qui restent dans l’histoire.

Enfin, je dis ça, pour frimer, mais j’étais même pas au courant de cette histoire, moi.

En premier lieu, il faut savoir ce qu’on va voir quand on prend un ticket pour le dernier film de Nolan. Vous ne verrez pas de romance, ni de glorioles, pas de secrets à découvrir, pas de mystères à résoudre, pas d’acteurs qui crèvent l’écran, pas non plus de scènes sanglantes. Non. Nolan n’est pas parti dans cette direction. Cela semble d’ailleurs très étonnant de sa part. On parle d’un film à Oscar, du genre de The Revenant. Est-ce sa nouvelle motivation ? J’en doute un peu. On voit un film de Nolan, dont le héros est l’Histoire.

 

D’abord, il faut rappeler une évidence : Nolan est britannique. C’est important car Dunkerque parle d’une déroute “victorieuse” et au final, tente d’en faire comprendre l’essence de la bravoure qui eut lieu sur cette période.

 

Tourné en 70 mm, sans effets spéciaux modernes, avec de véritables navires de guerre d’époques mais aussi d’estafettes et autres petits bateaux de plaisance, avec 1500 figurants pour un mois de tournage, des avions d’époque avec prise de vue aérienne, le film joue la carte de la technique et de l’authenticité.

3 temporalités se chevauchent, pour maintenir un rythme commun. La plage, sur 9 jours, la mer, sur une journée, les airs, sur quelques heures. Cela donne de drôles d’effets de redite d’un point de vue à l’autre, mais ça maintient le rythme dans un tout qui résume l’événement.

 

 

Le résultat à l’image est parfait. Les plans sont iconiques, les mises en scènes superbes. On adore.

 

La musique est très particulière. Inaudible en bande originale, elle accompagne le bruit assourdissant de la guerre, au point de s’y confondre avec. Moteur ou basse fréquence ? Musique ou mitrailleuse ? Un métronome guide la composition, donnant au son une sensation d’urgence.

Au final, on peut attendre de Dunkerque une tension permanente sur plus d’un heure et demi de film. Bien qu’on ne s’attache que peu au personnage et que les dialogues sont rarissimes, on perçoit la peur, l’effroi, la terreur, mais aussi la conviction et la grandeur tout au long de l’histoire. La guerre n’a jamais eu plus bel écrin. On vous citera Ryan ou Tu ne tueras point en comparaison, et bien que ces deux oeuvres soient mieux sur le plan de la narration, jamais vous ne connaitrez une sensation physique aussi forte de la guerre, surtout dans un récit où votre survie dépend juste de la chance, à chaque instant, qui que vous soyez. Aucun abri, pile ou face pour tout le monde. 

Alors, si vous voulez savoir comment une véritable défaite victorieuse a pu avoir lieu, et que vous attendez surtout une expérience visuelle, plus qu’un scénario béton, ce film peut réellement vous déranger, vous marquer et vous porter.

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