Steven P. Jobs

Steve jobs souriant

Vous savez, ce type me manque. Bien que je n’ai jamais adhéré à l’ensemble de ses actions, ni cru à l’ensemble de son discours “bienveillant”, il était pour moi un petite lumière dans le monde terrible des affaires. Mettant au coeur de son entreprise la satisfaction absolue de ses clients, poussant ses équipes à un niveau d’exigence jamais atteint, il me donnait l’impression que la grandeur peut s’accomplir même au coeur du commerce le plus concurrentiel.

Son crédo, c’était : “on fait les meilleurs choses possibles et vous payez le prix de cette perfection, car on partage cet idéal”.
J’ai été fasciné par ce gout de l’excellence, de la justesse, de l’essentiel. Cette obsession des stats de satisfaction client dirigeait les grandes décisions de la multinationale. C’est quelque chose qu’on voit trop rarement.
Etait-ce parce que l’homme était un fervent bouddhiste pratiquant qu’il a détaché l’argent de la réussite, et la réussite de la quete personnelle de perfection ? Le point de départ était simple : Il utilisait lui-même tous les appareils qu’ils produisaient. Et il était d’une exigence folle et ingérable dans son quotidien. C’était ça, la lumière. De la recherche permanente de la satisfaction égocentrique. Nous ne profitions que de son rayonnement.

Aujourd’hui, Tim Cook, le patron actuel, a raison de dire que l’ADN de Steve est toujours dans les murs et dans les produits, mais Steve se réinventait cycliquement, et se passionnait pour des combats de tout type, allant de Flash aux téléphones, de l’ergonomie au design, de l’humanisme à l’éducation, et développait une audace, certes mesurée et contrôlée, qui ouvrait le champ de tous les possibles.

Aujourd’hui, Apple se banalise. Les grandes valeurs humanistes de Steve, sa volonté obsessive de changer le monde, d’apporter plus de bien-être comme de justice, bien que toujours plus ou moins présentes, ne sont plus représentées dans le discours de l’entreprise.
On ne vous parle plus de vous, de vos vies, du bonheur à portée de main, avec ou sans leurs appareils (mais c’est plus rapide avec). On ne profite plus de l’inspiration de ce leader, on ne suit plus le chemin hors-piste de sa pensée. On ne voit plus l’application concrète de ses raisonnements fous. L’entrepise parle comme une entreprise de bien et service. Ils n’ont rien compris…
Il était marginal, il était affamé, il était l’exigence incarnée, il était émotion pure et sans contrôle. On le comprenait ou on le haïssait. En disparaissant, il a emporté avec lui la petite lumière qui disait “Au delà de l’argent, il peut y avoir un idéal qui vaut la peine de se battre chaque jour”. Et en cela, il me manquera toujours, et Apple finira par s’effondrer, car sans inspiration, les appareils ne sont que des appareils… L’ère des poètes est malheureusement révolue.

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