Une Keynote Apple avec zéro attente

Un événement Apple

C’est aujourd’hui jour de Keynote ! Et comme depuis des années maintenant, c’est un jour spécial. Pourquoi ? Parce que c’est un des tout derniers lieux d’émerveillement encore disponible gratuitement. En dehors d’une notion bête de fanboy que je rejette, c’est ce qui est commun avec Microsoft ou Google I/O, bien qu’Apple ait juste commencé plus tôt et plus fort.

Si vous suivez un peu ces Keynotes, vous connaissez la fabuleuse formule de Jobs qui nous faisait tous rêver : One more Thing. Vous vous souvenez des albums du U2 offerts à tout le monde, des films de Noël, des mises à jour qui donnaient Siri ou iCloud, des nouvelles versions de nos appareils qui nous faisaient rêver, pas parce qu’on allait bêtement les acheter, mais parce qu’elles étaient incroyablement attractives et novatrices !

Oh, j’en ai passé des soirées à regarder ce cérémoniel qui me couvrait de cadeaux et qui me faisait rêver à un monde plus généreux, que ce soit sur les valeurs environnementales, éducatives, sociales, médicales ou scientifiques. Je sortais de ces Keynotes avec l’impression d’avoir lorgné discrètement au-dessus de l’épaule des grands hommes. Et d’avoir vu des choses au-delà de l’argent, du marketing. Je revois Jobs qui nous disait comme seul argument d’iCloud « It just Works ». Je revois la simplicité, la poésie qu’il insufflait dans ses présentations. Pour Garageband, le studio gratuit du Mac, faire venir John Mayer et sa guitare pour l’enregistrer. Pour iChat, appeler Madonna à Londres en Webcam. Pour tester l’iPhone, commander 4000 cafés au Starbuck du coin, pour la musique, U2 et le iTunes Festival.

Mais voilà, depuis quelques années, depuis sa mort, les Keynotes fuitent à tout va avant leur présentation et s’essoufflent. On apprécie Phil Schiller et son « Apple’s not innovating ? My ass ! » légendaire, ou Greg Fedherini et ses blagues excellentes, voire Eddie Cue le débonnaire philanthrope, mais la poésie n’est plus là, les surprises non plus.

Craig Federighi présente Metal, le langage programmatique pour la 3D sur Mac et IOS

Pour me refaire un cadeau, j’ai coupé toutes les sources d’infos sur Apple que j’utilisais au quotidien depuis des années, et n’ai rien voulu savoir des rumeurs qui désenchantent ce moment. Je suis vierge de tout, prêt à partir de zéro pour cette Keynote. Tim Cook va nous ennuyer, encore, avec ses chiffres et ses fausses joies mal simulées. Et on nous parlera logiciel et matériel, avec peut-être des mises-à-jour gratuites vers de nouvelles versions riches en amazing features, des innovations encore jamais vues, des appareils vraiment à nouveau attractifs. 

Ces dernières années, le problème est plus dans le fait de mal vendre et présenter leur produit que les produits eux-mêmes. Tim Cook totalise beaucoup d’échecs avec ses choix tranchés, mal expliqués, mal compris. L’USB-C met un coup de frein aux ventes faibles de MacBook, au ticket d’entrée rehaussé de plus de 30 % au passage. Alors que l’innovation est là et bien là, mais mal vendue. La montre étanche aurait dû être un carton, mais mal présentée également, les gens ne pensant qu’à la natation ou au GPS. Le dernier iPhone a perdu sa prise Jack et n’a pas cherché à innover. On est un peu sur l’année fatidique de la marque qui doit reprendre son marché dévoré aujourd’hui par les créatifs asiatiques.

Jeff Williams présente l’Apple Watch, 2015

Je me suis donc préservé des rumeurs comme un passionné de foot prépare sa soirée, ou un fan de Star Wars se bouche les oreilles lorsque le nom du prochain opus est mentionné. Cela fait 7 mois, pour être exact, que je n’entends plus parler de l’entreprise dont le leadership et la ligne entrepreneuriale me passionnent le plus au monde. Soir de consécration et de libération. C’est un cadeau un peu frustrant au quotidien. Espérons que j’en ai pour mon argent.

Espérons que le plaisir sera au rendez-vous, et au-delà, qu’Apple comprenne que Steve Jobs nous faisait rêver et que ça nous manque, alors que tout le reste est toujours bien là, comme ils l’avaient promis en 2011.

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