Quels sont les idées dangereuses pour un organisme ? Peut-on gangrener un monde par une idée absurde ? Et qui est capable de nous montrer ce que seul le recul peut révéler ? J’étais devenu un virus sociable, un danger innocent, une question assassine, exterminationniste et psycho-suicidaire, j’avais ouvert l’œil pour de bon.

 

En 2017, les choses n’ont pas changé mais on a apprit a les faire différemment. Les cafés et autre bars ont disparut de l’Euro-France depuis l’avènement d’Internet 2. Ce super-réseau transportant 300 giga-octet d’information à la seconde partout dans le monde a été la révélation du millénaire. Le E-business que IBM développait fut doublé par le E-worldline créé par Dell. Un monde virtuel accessible par les Ntpods, sorte de ventouses qu’on plaçait sur des centres nerveux dans le dos et sur les tempes. « Le monde parle à l’âme ». Un de ces super-slogans de l’E-w. Dans ce méandre de réseaux, les esprits se rencontraient, bavardaient, s’aimaient. La différence entre l’E-W et Internet 1 se situe dans l’utilisation qu’on en faisait. L’E-W se présente comme un monde vierge, vaste et magique. L’utilisateur, comme il s’achetait un nom de domaine, se paye la baraque de ses rêves à 300 euros par mois. Cocotiers, espace, désert ou montagne. L’air y est pur et les voisins agréables. Au début, cet anarchie qui définissait Internet a permis a une multitude de communautés d’atteindre le nirvana, et ça a été logique qu’ils y élisent domicile ; C’est a dire qu’ils abandonnaient la terre pour l’E-W. Tout le monde voulait sa place au soleil, et même s’il était virtuel, il nous tenait chaud comme le vrai…

Ainsi, les communautés cherchaient des appartements terrestres a moindre frais, des chambres, des cages, des HLM, pour investir plutôt dans le virtuel.

Les bâtisseurs firent des résidences de la même taille que les anciennes battisses mais au nombre de lit démultiplié. On baptisa ces étagères les « nids » car dans un nids résidait en état de léthargie plus de dix milles âmes connectées. De temps en temps, une coupure réseau faisait hurler de douleur le nid. La déconnection n’est pas violente, elle agit comme une petite mort, tout devient noir et plus personne ne vous entends… Lorsque le nid hurlait, la terre tremblait. Dix milles bouches s’ouvrent, vingt mille bras se lèvent, vingt milles yeux s’ouvrent et ils ne voient que le noir de la pièce. Les nids sont sans fenêtre…

Pendant ce temps, les industriels, voyant que la population s’en foutait de la terre, la conquirent facilement et y implantèrent leurs usines pétrochimiques un peu n’importe où. Ils proposaient au expropriés d’accéder a une villa gigantesque dans l’E-W à la place de leur bicoques et tous ont signé sans hésiter. La terre a perdu sa verdure, pompée par les usines de chewing-gum et de dentifrice qui alimentaient les réserves de l’E-W. En effet, on a réussi à contrôler nerveusement le goût, mais pas la matière. Alors, a l’aide de tuyaux sortant des murs des nids, on gave le palais de ces zombis, et lorsqu’ils mangent un délicieux poulet braisé au grill, une purée verdâtre s’enfonce dans leurs gosiers…

Une autre découverte a changé la vie des gens. Les Petpods.

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