Christophe blanc da Silva : « Ecris une nouvelle dans le style de notre maitre à tous, Conan Doyle »

Ah, Sherlock Holmes, quel bonheur à lire. Un style simple et descriptif, riche en rebondissement comme en vocabulaire. la précision des détails fait ici toute la différence. Une écriture délicieuse. Je ne crois pas avoir réussi l’exercice, car il y a encore beaucoup de chemins entre Conan Doyle et moi. Je lui ai emprunté ses deux héros pour une danse hors du temps. Ils sont différent et les mêmes, afin que mes sherlock et Watson puissent ne pas abimer l’oeuvre littéraire que je chéris le plus, celle de Maitre Conan Doyle.

 

Do not Push
Nouvelle inspirée de l’oeuvre de Conan Doyle, empruntant ses deux personnages le temps d’une danse macabre

 

 

Lorsque je repris connaissance, la première chose que je vis fut une horrible chaise Louis XV dont l’osier moisi s’effilochait avec tristesse. Elle attira mon attention, car sur elle reposaient mes affaires. Je voyais à ses pieds mes chaussures d’un cuir noir ciré et impeccable, et sur son assise reposait mon pantalon de flanelle beige et ma chemise blanche soigneusement pliés. Sur le dossier concave, ma veste de flanelle assortie cachait du mieux qu’elle pouvait d’éprouvantes sculptures asymétriques d’un style rocaille douteux que la couleur peinte du bois en vert clair n’arrangeait pas.

Cette faute de gout édifiante n’était que les prémices de la maison des horreurs dans laquelle je venais de me réveiller. Et malgré mes efforts, je n’arrivais pas à retrouver le souvenir du moment où j’y étais entré.

 

Mon dernier souvenir fut celui d’une petite boite en bois blanc, artisanale et finement ciselée, sur laquelle trônait d’un air provocateur un bouton rouge entouré d’une mise en garde absurde en anglais « do not push ». Exiger de ne pas appuyer sur un bouton d’une boite qui ne contient que ce bouton était une tentation bien forte, et ma curiosité avait fini par l’emporter. Je me rends compte en y repensant que je dois beaucoup m’ennuyer dans ma vie pour chercher ce genre d’excitation grotesque…

 

Je me levai lourdement, et ma tête me lançait de traits de douleurs qui m’obligeaient à fermer les yeux. La pièce tournait. J’enfilai comme je pus mes quelques vêtements et sortir dans le couloir. Celui-ci, à la tapisserie défraîchie d’une autre époque, sentait l’humidité. Le parquet craquait de toute part sous mon poids. En face de ma chambre, une porte indiquait sur l’écriteau « do not disturb ». Encore une fois, je transgressais la règle en tambourinant.

 

« – Pour l’amour du ciel, John, repassez plus tard ! » hurla une voix familière de l’autre côté de la cloison.

– Sherlock, est-ce vous ? lui lançai-je. »

 

J’entendis le fracas d’un homme qu’on jette à terre, puis des bruits de lutte. J’attrapai la clenche et la manipula comme j’ai pu, en vain. Les gémissements s’ajoutaient aux bruits de meubles qui tombaient. Je me mis à frapper la porte de mon épaule dans l’espoir de faire sauter les gonds, mais soudainement, le tintement métallique de la serrure se fit entendre. Quelques secondes plus tard, la porte s’entrebâilla dans un grincement sinistre et un silence de mort. Je la poussai davantage et jeta un coup d’oeil à l’intérieur. La pièce était obscure, de lourds rideaux en velours rouge bordeaux couvraient les fenêtres. Les rais de lumières qui transperçaient l’obscurité révélaient une grande densité de poussière dans l’air qui dansaient en volutes malsains. Sur le lit, une silhouette se tenait la tête.

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