Freelance, passez en mode « résolution de problème » !

Face à une difficulté entrepreneuriale, le freelance a tendance à se croire face à un mur n’offrant que la résignation ou la fuite pour continuer à progresser. C’est un grand tort. Notre cerveau a un mode « résolution de problèmes » taillé sur mesure pour ce genre de tâches.

A quoi sert le mode « résolution de problème » ?

Un client ne paye pas, un autre change sa commande en cours de route, un bad buzz apparaît, les services des impôts réclament trop d’argent, un concurrent vous humilie, votre entreprise ne progresse pas comme il faut, crise de croissance, perte de clients, qu’est-ce qu’il peut y avoir comme problèmes différents dans la vie d’une entreprise, et plus encore quand l’entreprise, c’est vous !

Après avoir vu « The Founder », un film retraçant l’histoire de Ray Kroc, l’homme à l’origine du succès de Mc Donald’s, dont la devise était « la persévérance et l’ambition font tout », je comprends que le personnage était taillé pour ce mode de pensée tout terrain qui permet de franchir les plus hauts sommets sans sourciller, pour peu qu’on reste dans cette fonction du cerveau.

Quand vous avez une fuite d’eau, vous avez un protocole d’intervention simple en tête. Couper l’arrivée générale et téléphoner à un professionnel. Pour les plus bricolo, un coup de chatterton, pour les plus experts, la trousse à outils, Leroy Merlin, et un week-end de boulot. Au final, plus de fuite. Pareil si votre voiture tombe en panne ou si votre ordinateur commence à toussoter.

Face à votre iPad qui affiche un écran blanc, direction Google pour savoir comment résoudre cela. Le mode « résolution de problème » est une fonction très pratique de l’esprit qu’on peut activer en décidant simplement de résoudre cette difficulté. Il arrive cependant que le nombre de données à prendre en compte pour obtenir la résolution soit trop grand pour simplement activer le mode. Il faudra également apprendre des choses et évoluer pour y parvenir, et dans ces cas-là, on peut ne pas s’en croire capable, et c’est toujours un tort.

3 objectifs pour résoudre un problème efficacement

Face à un problème, il faut mobiliser 3 axes à résoudre pour parvenir à enclencher le mode « résolution de problème ». Bien sûr, ce texte ne se fonde que sur mon expérience et j’imagine qu’il y a des théoriciens qui ont autrement creusés la question. Si je peux vous proposer de vous initier à ce raisonnement, cela suffit à cet article, mais n’hésitez pas à approfondir la question de votre côté par la suite ou nous éclairer de votre savoir-faire en commentaire.

1. Quels sont les leviers activables pour résoudre ce problème ?

Mettons qu’un client m’annonce avoir changé d’avis à 50 % du travail déjà accompli. Je dois reprendre la moitié des textes, de manière très conséquente. C’est la panique. Je n’ai pas fait signer de devis précis et manque de recours.

  • Je dois d’abord déterminer la faisabilité de la tâche et son coût.
  • S’il est excessif, je dois chercher une solution pour faire entendre raison au client.
  • Si le client est borné, je dois envisager la perte du contrat et limiter les risques de mauvaise réputation.

Je peux aussi choisir de sous-traiter ce travail à faible coût, de prendre sur mon temps libre pour le faire moi-même, d’imposer la signature d’un avenant pour verrouiller la commande désormais, de compulser nos échanges écrits pour déterminer une présence de commande précise, de revendre le travail accompli à un autre client à prix cassé et de recommencer tout le travail, de changer de métier et d’aller élever des chèvres.

Il y a toujours un grand nombre de leviers possibles à activer, chacun engageant des effets plus ou moins désirables. On doit déterminer le meilleur chemin à partir de la connaissance de toutes ces solutions. Pour ma part, je n’hésite pas à consulter d’autres personnes pour leur demander conseil et élargir encore la palette des axes d’intervention. Connaître le plus possible de leviers actionnables est la première étape face à une situation catastrophique.

2. Comment diminuer la masse d’énergie/temps investie pour le problème ?

Je vais reprendre mon exemple : je dois réécrire, mettons 70 textes. Si je choisis d’accomplir tout de même le contrat, je dois mesurer la masse de travail supplémentaire que cela va représenter.

De là, je peux en segmenter les tâches et réfléchir à les optimiser chacune.

Je choisirai sans doute de sous-traiter à quelqu’un une part ou la totalité du contrat à refaire en échange d’une part substantielle de mes bénéfices dessus, afin de faire une opération blanche sur cette partie. Immédiatement, je modifierai mes devis pour éviter ce genre de risque par la suite. Ainsi, je peux me concentrer sur des contrats plus porteurs pour combler la perte ou le non gain et améliorer mon processus.

Si je dois organiser un événement en 3 jours, je peux ainsi penser cette mission en segmentant les tâches et en cherchant à optimiser chaque dépense de temps en conservant l’efficacité de l’ensemble. Envoyer un mail à une personne intéressée en lui demandant de le relayer à 3 autres et ainsi de suite pour la propagation de l’info, contacter des partenaires et proposer une représentation sur place en échange d’un coup de projecteur, chercher des bénévoles intéressés par l’événement ou son rayonnement, chercher un sponsor et promettre de couvrir l’événement dans au moins 5 lieux de publications à forte notoriété par la suite. C’est le mode « résolution de problèmes » qui permet d’atteindre tous ses objectifs en cherchant les raccourcis et les partenaires qui y gagneront également quelque chose d’important pour eux. On doit toujours penser à l’économie d’énergie face à un projet de grande ampleur.

3. Quels sont les bénéfices à court et long terme de cette adaptation ?

Je dois me poser la question de ce que j’y gagne. Oui, cela peut m’amuser de fonder quelque chose de grand en faisant appel à ce mode de résolution, mais je dois en sortir aussi gagnant. C’est de là que je vais penser ma segmentation. Quels sont mes objectifs personnels ?

Éviter la casse, se faire connaître, affirmer une réputation, économiser de l’argent, décrocher un contrat, apprendre des choses, vendre un service, protéger sa réputation. C’est à partir de ce point de départ que vous lancez votre mode de pensée. Ne pas se poser la question, c’est risquer le crash en vol, quand la tempête se fera trop intense. Cet objectif deviendra votre cap personnel.

Comment j’active le mode « résolution de problème » ?

C’est un pouvoir magique très facile à activer. Il vous suffit d’en faire le vœu. Face à une situation problématique jugée insurmontable, dites-vous simplement :

Ok, je passe en mode “résolution de problème” 

Pour peu que vous ayez saisi son sens dans mes quelques humbles lignes, il devrait s’activer immédiatement. Déjà, vous allez mesurer la difficulté, puis la segmenter, foncer sur un ordi pour chercher à savoir tout sur chacun de ses éléments, et une fois instruit, préparer une démarche de résolution. Si vous vous sentez encore perdu après avoir fait cela, c’est surtout que vous ne savez plus ce que vous souhaitez vraiment dans cette résolution. Recentrez-vous alors en répondant aux 3 questionnements précédents.

Une analyse, un cap, une optimisation.

Entreprendre avec cette machine à analyser en tête, c’est se garantir le succès. Quand Ray Kroc a découvert Mc Donald’s, il a immédiatement pensé Franchise. Il touchait à peine 2 % des recettes de chaque restaurant ouvert et crevait à petit feu jusqu’au moment où il a compris comment résoudre cela. L’empire Mc Donald’s n’est pas alimentaire, mais immobilier. Le mode “résolution de problème”, face à une situation contractuelle impossible, a obtenu une réponse puissante permettant de débrayer une croissance rapide en changeant l’angle d’approche. Préparez-vous à des virages à 180 ° si vous voulez réussir.

Seul votre but compte.

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  1. Magali Laguillaumie octobre 2, 2017 @ 11:47

    Belle analyse et conseils à ne jamais oublier dans la tempête, merci. Je pense qu’en plus du mode « résolution de problème », on peut aussi ajouter ne pas perdre sa confiance en soi et en son projet.

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