Freelance, quand on se prend une raclée, on dit merci !

Voilà une règle que j’ai apprise très tôt dans le milieu freelance. Un truc, qui peut faire un peu mal au bide, mais qui fait du bien au porte-monnaie.

La réaction à avoir quand on perd un contrat… Voilà, on vous a mis en concurrence. Il y avait CE contrat qui vous faisait de l’oeil. Bien payé, dans votre domaine, easy. Mais y a ce type, vous le connaissez de réputation. Il est bas au niveau prix. Il rafle tout, et même peut-être qu’il sous-traite.

Le client vous pose plein de questions. Vous sentez que c’est bon pour vous. Un effort financier ? Ok, c’est le jeu. On baisse. Un peu plus de taff ? Ok, on est toujours gagnant. Impossible de savoir ce qui se passe de l’autre côté. Puis le client tranche et… c’est pas vous.

Il vous dit, d’une voix penaude, parce qu’il déteste ce qu’il est en train de faire « Merci de votre offre. Nous avons retenu celle de X qui nous semblait mieux correspondre à nos attentes. »

Et là, quand on vous refuse un truc, une fois sur deux, le freelance fait la tronche.

C’est fou, il fait la tronche. Il vous envoie chier dans les formes de politesses minimales. « En vous remerciant », et suivant.

Laissez-moi vous donner un conseil, du haut de mon marche-pied d’occasion et branlant.

Quand vous vous faites virer par un prospect, parce qu’il a choisi un moins cher, un meilleur, un plus sympa, une plus mignonne, un plus canon que vous, félicitez-le.

Oui, félicitez-le. Dites-lui que vous comprenez son choix, que l’autre a l’air pas mal et qu’il correspond mieux au tarif. Que vous, vous ne pouvez faire mieux et que c’est normal. Souhaitez-leur plein de succès, encouragez-les à aller plus loin. Redites-leur à quel point ce contrat vous a plu (pas « vous aurait plu », « vous a plu », nuance). Souhaitez-leur une sincère bonne continuation.

Pourquoi ? Pourquoi ? Il demande pourquoi…

 

 

Utilisons un camembert pour mieux nous représenter les différents avantages à être sympa avec son prospect en partant.
Par exemple, celui-là :

 

 

Bien, il y a 4 suites possibles à cette histoire.

 

1. Le camembert tradi, classico, sans surprise, celui qu’on connait bien

La prestation avec votre concurrent se passe bien. Le client est satisfait. Ils vivent heureux sans vous. Mais sait-on jamais, on pense pas en mal de vous. Bon, neutre positif, quoi.

 

 

2. Le camembert drama qui finit bien !

La prestation se passe mal avec votre concurrent et le client regrette son choix. Il sait qu’il n’y a pas d’obstacle avec vous et vous rappelle. Plutôt bon, ça.

 

 

3. le camembert de la bonne recette que t’as pas goutée mais que tu recommandes

La prestation se passe moyen, le client pense en avoir juste pour son argent et regrette de ne pas vous avoir pris. On lui demande un jour une bonne adresse et il donne la vôtre, en souvenir de ce recrutement qui s’est bien passé et de l’effet positif que vous lui avez laissé. Positif dans un second temps.

 

 

4. Le camembert du bon souvenir qui reste et qui va servir un jour, c’est sûr, promis

La prestation se passe bien, le client est satisfait de votre concurrent, mais celui-ci semble un peu désagréable au quotidien, et finalement, quelque part, le client regrette de ne pas vous avoir choisi, parce que vous, au moins, vous étiez cool. La prochaine fois, il pensera à vous, et vous rappellera sans complexe. Positif pour la réputation aussi.

 

 

Bref, la manière dont vous finissez un recrutement est presque aussi importante que de savoir si vous avez le contrat sur votre concurrent ou pas. Le contrat, c’est le présent. L’au revoir, c’est l’avenir.

Pensez-y la prochaine fois qu’on vous refuse quelque chose auquel vous teniez. Vos émotions, on s’en fout, et ça ne punit que vous. Pensez à ne pas fermer des portes qui vous seront sans doute utiles un jour. Votre travail en aura besoin, faites un effort pour lui. 🙂

Et amusez-vous bien !

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One Comment, RSS

  1. Charles juin 8, 2017 @ 8:31

    C’est un peu comme un rateau avec une nana, parce qu’elle est déjà avec un cheum. Tu la joues cool, tout sourire, grand seigneur, no problemo.
    De temps en temps, t’envoies un ptit sms, histoire de pas sombrer dans l’oubli, mais surtout, tu la fait comme il faut : in-dé-pen-dant !

    Le manque, l’avidité, ça fait toujours fuir.

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