Pourquoi j’aime LOST

LOST est un monument scénaristique. 6 saisons extrêmement intenses où les énigmes et la confusion sont au cœur du mécanisme. Pour rappel, un avion se crashe sur une ile qu’on suppose dans le pacifique. Les secours n’arrivant pas, les rescapés mettent en place un mode de vie précaire sur une plage. Cependant, l’île est bien plus étrange qu’il n’y parait. Un monstre destructeur, au bruit mécanique et à la sonorité des sirènes d’alarmes de sous-marin fait du bruit au loin sans qu’on puisse l’apercevoir, et tue à loisir des rescapés égarés.

Des ours polaires, des chevaux, et d’autres animaux incongrus sillonnent la jungle de l’île, des bases, bunkers, bateaux, camions jalonnent les lieux avec le mystère de leur présence incompréhensible, et puis ces apparitions étranges, ces cadavres, et ces gens qui font partie des rescapés, mais qui n’étaient assurément pas à bord de l’avion… Tout nous interpelle, comme un puzzle complexe qu’on doit reconstituer ! Pour cela, la mécanique narrative nous partage la vie sur l’île et celle d’avant le crash pour chacun des survivants. On découvre des similitudes étranges, des doutes apparaissent. Et puis, plus loin dans l’histoire, on raconte ce qu’il y aura après l’île, pour certains survivants, ce qu’on appelle des « flash forwards », et plus troublant encore, en avançant dans la série, on va voir des flashs parallèles, c’est-à-dire l’histoire des survivants « si le crash n’avait jamais eu lieu ». Horreur et confusion à tous les étages ! Tout n’est que manipulation, arnaque, plan stratégique pour obtenir des réponses, juste des réponses à des questions existentielles, jusqu’à la plus importante pour chacun des personnages : Pourquoi moi ?!
Les personnages ne sont pas ménagés, et jamais je n’ai vu autant des personnages souffrir de toute sorte sur cette île. Assomés, fracturés, arrachés, brûlés, explosés, meurtris de toute sorte. Les scenaristes ne leur ont rien epargnés, et je pense que cela m’a mené à vouloir les proteger, à m’attacher à eux, et a considérer la vie comme une valeur numéraire quand on est en groupe, survivants, face au danger permanent…

6 saisons, c’est 120 épisodes de 40 minutes pour un dernier de 1h40. C’est une claque. J’ai dévoré la série, vraiment accro à cette trame narrative qui distille au compte-goutte des vérités essentielles. Les liens entre les rescapés, les Autres, Dharma project, Richard, Jacob, Smokey, Desmond, John Locke, tous ces noms sont des points d’énigmes insondables et extraordinaires. L’aventure est incroyable, mais est-ce que cela tient la route au final ?

Oui et non, Il y a deux niveaux. Autant le niveau de surface est rationnel, sensé, lié à l’histoire et aux histoires de l’île, autant la base repose sur une forme de Fantasy, justement dosée, qui apporte des éléments mystico-rationnels, variant entre ces deux extrêmes. Le secret de l’île touche au sacré, alors que la trame de l’histoire, comme les choses extraordinaires qui s’y passent, repose sur du logique, de la causalité classique, prédictive.

J’apprécie la présence du mystique parce qu’elle en profite pour faire apparaitre des parcours initiatiques complexes pour chaque personnage. Ne vous réconfortez pas pour autant, la mort a un rôle principal et cette série n’hésite pas à tuer des gens à qui vous vous attachez si le besoin s’en fait sentir, ce qui la plupart du temps ne fait qu’épaissir le mystère que vous poursuiviez.

On peut deviner le sens de l’île, la venue des rescapés, les chiffres, les rencontres impromptues même avec cette touche de mystique car cela reste de la spiritualité universelle. Pour le coup, vous êtes face à une véritable énigme à résoudre, le plus long casse-tête jamais proposé au spectateur.

Un mot sur les personnages ? Je les aime… Oui, avec le temps, je n’ai pu résister à m’attacher à chacun d’eux, même les pires. Ils sont bien joués, cohérents, psychologiquement logiques. On démarre de stéréotypes allant du beau gosse à la bimbo, mais rapidement, chacun gagne une profondeur au fil des secrets qu’on apprend sur chacun. Je ne pourrai vous dire ceux que j’ai le plus aimé, et ce terme fort correspond vraiment à mon vécu émotionnel. Je citerai John Locke, Ben Linus, Hurley, Jack Shepard, Kate, Sahid Jarrad, Michael, Mr Ekko… Oups, je les cite tous de tête… Non, vraiment, chacun a pris une place dans mon Cœur.

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