Pourquoi j’aime « 5 :40 In Madagascar » de Kenzo

Ce n’est pas habituel pour moi de parler d’un parfum, surtout quand c’est le mien. Il y a quelque chose de terriblement intime à parler de notre odeur associée préférée. Un parfum nous définit, et quand nous le sentons, nous nous y reconnaissons. C’est une vraie part de soi, une projection de ce que nous avons envie d’être au monde au plus profond de nous. J’ai choisi dans ma vie deux parfums. Pour les autres que j’ai porté, c’est parce qu’on me les a offert, et je n’avais pas vraiment cette sensibilité à la question, un peu indifférent, tant que l’odeur plait aux autres. Le premier fût Kenzo pour son odeur marine fraiche.

On choisit un parfum comme on choisit un dragon sur la planète Pandora chez les Naa’vis, je crois. On le sent, on sait que c’est lui, on ne fait plus qu’un, avec lui on trouve dans une odeur un reflet de soi. Comme je suis quelqu’un de particulier, je ne tombe pas amoureux des choses simples. Et c’est stupide de ma part, car ca me contraint à quelques acrobaties. Mon parfum, aujourd’hui, s’appelle 5h40 à Madagascar… C’est sans doute l’heure de l’aube, comme le montre sa boite. L’heure où les parfums des fleurs s’entremêlent aux senteurs des arbres et à l’embrun marin. La vanille fraichement cueillie, le piquant du cèdre brulé, le lotus apaisant, et quelques autres épices rares qui donnent l’impression de voyager en Afrique par sa simple fragrance. Ce parfum, c’est une expérience de voyage intérieur. On voit instantanément les paysages d’Afrique, sa ressemblance avec le Chouraï, l’encens africain par excellence me rappelle de beaux voyages en terre Mère. Ce parfum ne ressemble pas aux autres, il ne semble pas avoir le même but. Ici, pas de « costume » d’odeur, pas de social, pas de politesse, il évoque de manière frontale l’Histoire du monde et au fil de son développement, partant d’un parfum de tête corsé, puis au cœur vanillé, c’est un parfum de fond ambré qui s’amalgame à mon odeur de peau. Ce parfum est si fortement teinté de souvenirs que j’avais du mal au début à le porter. Il me soulevait le cœur, comme trop chaud pour la saison qu’on traversait. Il m’a fallu du temps pour l’apprivoiser, pour le sentir proche de moi. Aujourd’hui, je m’y retrouve, je me sens voyageur, je suis curieux du monde. Ce parfum exhale en moi mon caractère émerveillé, contemplatif de la grandeur de la nature. Et c’est sans doute parce qu’il me ramène à mon essentiel que je l’aime autant. Pour mon malheur, ce parfum est une édition limitée de Kenzo qu’on ne trouve que dans les lieux de transits internationaux, comme les aéroports ou les croisières… Réservé peut-être aux vrais voyageurs…
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