Pourquoi j’aime « Far Cry 2 »

J’avais beaucoup aimé le premier, qui proposait une aventure musclée sur une ile paradisiaque remplie de gros méchants qui tentaient des expériences secrètes sur des humains, dont le personnage que j’incarnais a fait partie. Au fil du jeu, mon personnage développait des dons exceptionnels. Force, vitesse, vision, odorat, ouïe, tout s’en trouvait progressivement décuplé. C’était très jouissif et m’a laissé un souvenir vibrant, faisant de ce jeu le meilleur que j’ai pu connaitre alors. Les paysages étaient superbes, le monde intégralement explorable. On pouvait même voyager avec différents véhicules allait du Quad au deltaplane. Je n’en avais que de bons souvenirs. Alors quand le second chapitre est sorti, j’ai dû prendre mon mal en patience avant de pouvoir me le payer. C’est chose faite.

Cela fait trois semaines que j’y joue et j’ai dû faire 60% du jeu. Il est très immersif, splendide, déroutant, un peu comme son premier opus, bien qu’il ait gâché les qualités de son prédécesseur en voulant trop bien faire.

L’histoire se situe en Afrique. De cette Afrique centrale qui mêle la grandeur des paysages avec l’odeur de poudre. La mission de ce jeu est d’atteindre un homme, appelé le Chacal, fournisseur d’armes afin de faire cesser cette tuerie qui déchire le pays. Pour cela, il nous faut progresser dans l’enquête en nous mettant au service de différentes factions qui s’en foutent sur la gueule en tant que … mercenaire. Ce qui nous emmène à tuer énormément de mondes. C’est une grande fausse note pour moi, car il n’y a aucun innocent dans le jeu, toute personne que l’on rencontre peut et doit être abattue. C’est sanglant. Que ce soit pour une voiture, une maison, une arme. On tue, et on est tué. Une ambiance de guerre sans concession qui me dérange pas mal. Je m’y suis adapté en devenant « sniper », ce qui me permet, avec discrétion, de me déplacer sur la carte sans être trop repéré et éviter les esclandres sanglants inutiles. De plus, les superpouvoirs qu’on pensait de retour sont totalement absents de ce numéro. Ca se sent que c’est une nouvelle équipe qui a créé ce jeu vidéo sans même regarder le cahier des charges du premier opus. Ca dénote tellement que le jeu aurait pu s’appeler autrement sans qu’on y voit le moindre inconvénient. Décevant sur ce point également.

Alors, a ce niveau de l’article, rien ne semble présager que je m’y attache. C’est sans compter sur ses quelques atouts indéniables. En premier lieu, la beauté du jeu est époustouflante. Moi qui suis allé en Afrique, je retrouve le paysage superbe que j’ai connu. La savane, la jungle, le désert, tout varie avec justesse. Les infographistes se sont inspirés de photos de lieux, et se sont même déplacé sur place pour en trouver les éléments les plus essentiels. Les routes sont des pistes de terre taillées à l’arrache dans la jungle, la flore est magique, les lacs, rivières, et autres plans d’eaux sont si réalistes qu’il m’arrive d’aller m’y baigner juste pour en contempler les reflets, les récifs. On voyage à travers ces terres avec des véhicules typiques des lieux de guerres, et convaincants. Du canot au bateau de pêche, de la jeep au camion. On regrettera qu’il n’y ait pas la diversité des véhicules qu’on avait connus précédemment, mais on retrouve avec bonheur le deltaplane dans des endroits qui méritent le survol par leur beauté. J’ai passé la première partie de mon jeu à explorer toute la carte, escaladant des montagnes, trouvant des criques abandonnées, découvrant des ruines de villages en pleine jungle, parcourant les déserts. J’aime ce jeu, car son réalisme graphique est ahurissant, et que je ne peux m’empêcher de m’y croire. S’ajoute à cela une gestion du temps qui passe qui fait que le soleil continue sa course durant la partie. On se retrouve au crépuscule avec des jumelles, la nuit dans la foret à croiser des animaux sauvages, à l’aube dans le désert. C’est sublime.

La gestion des armes est excellente également. Des missions nous payent en diamant brut que l’on peut convertir en armes. C’est regrettable que ces diamants ne servent qu’à cela, car une fois bien équipé, on se désintéresse du côté financier des choses. Les armes, quant à elles sont très diverses avec pour exemple 4 snipers différents, des mortiers, des lance-flammes. La grande force de ce jeu, c’est la gestion de l’usure des armes. Celles-ci rouillent avec le temps et peuvent se gripper en plein combat. D’un blocage temporaire où quelques coups de poing sur le chien permettent de libérer la culasse à l’arme définitivement foutue qu’il faudra abandonner avant de fuir, on s’inquiète toujours de ce qui pourrait nous arriver. Des fois, on repart pas fier de zones de combats avec des types au cul, sans armes valables. Le feu a une place tactique immense dans ce jeu, car les incendies, pour la première fois, sont gérés. Le feu se propage a grande vitesse dans les endroits secs, et bien sur brule tout sur son passage. Il m’est arrivé de devoir me jeter d’une falaise dans un lac pour éviter de finir brulé, ou de déclencher moi-même des incendies de plaine pour attirer l’attention des cibles et les obliger à sortir de leur cachettes.

La gestion des blessures n’est pas réaliste du tout. Un bandage, une bouteille d’eau, une tenaille pour virer une balle de la jambe et on trotte dans la brousse comme en 40. C’est mal fait, on n’y croit pas, ca donne un coté jeu vidéo des années 80 anti-immersif. Même chose pour les dégâts sur les véhicules. On vous rentre dans votre jeep et votre moteur se met à fumer. Pareil si on se prend une bosse, pareil si on met un coup de machette sur le pneu. Tous les véhicules ont trois étapes d’usure : Marche, fume, prend feu et explose. C’est stéréotypé.

Les missions quant à elles sont assez peu originales. Entre défendre un fort et attaquer une zone, faire peter un truc ou buter un gars important, on s’en lasse assez vite. On le fait pour avancer dans le jeu et débloquer de nouvelles zones, mais on s’en passerait bien.

On a des alliés aussi dans ce jeu, des copains-facebook, d’autres mercenaires qui vous proposent tantôt des missions complémentaires (avant d’abattre ce type, va à l’usine pour récupérer ses notes et le faire chanter), tantôt des aides sur le terrain quand vous êtes supposé mort et qu’il arrive pour vous sortir du champ de bataille le temps de vous en remettre. Ils ne sont pas immortels, et j’en ai déjà perdu deux. Ca fait quelque chose, de perdre ses alliés, de trouver le cadavre, voir de devoir les achever parce qu’ils souffrent trop…

Une ambiance de guerre est toujours très tenace dans ce jeu. On est en perpétuelle tension, et on préfèrera prendre la voie fluviale pour se déplacer que les routes pour éviter les mauvaises rencontres. De temps en temps, on alterne, ou on parcourt la zone à pied avec notre GPS.

Pour résumer, et répondre à la question du titre, ce jeu n’est pas bon en soi. Les scenarii trop téléphonés, et pas intéressants, l’absence d’une trame générale de jeu, l’absence des superpouvoirs qui ont fait le succès du premier, le manque de diversité des véhicules, les ennemis tous ennemis, c’est quand même bien moins bon que « Mercenaires 2 » de ce côté-là. Mais par contre, parcourir ce jeu est un bonheur indéfinissable dont je ne me lasse jamais. Remonter les petites rivières perdues en canot, passer par des gorges serrées, voler au dessus de canyons, visiter un village Dogon traditionnel, explorer des décharges envahies par la végétation, entendre la pluie, voir le lever de soleil, c’est juste exceptionnel comme expérience, et rien que pour ca, je ne me lasse pas du jeu, bien que je me foute du jeu…

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