10 chansons qui me donnent des émotions

Un hipster écoute de la musique

Il y a toujours dans tout ce qu’on a pu écouter des choses qui ont résonné différemment que le reste de la musique. Une fréquence, un ton, une note.

J’ai eu envie de retrouver ces petits morceaux de musique que j’ai écouté en boucle, ne comprenant pas pourquoi je ressentais quelque chose de si fort à leur passage.

Aujourd’hui, en les repassant, je comprends ce qui m’a appelé, ce qui m’a parlé. Une part de moi, pleine d’émotion enfermées dans un cristal, se met à vibrer à leur fréquence humaine. Pour le coup, c’est bien dans mes balades musicales que je le les ai croisé. Autant dire qu’il n’y a pas un style défini à y trouver. Certaines datent d’il y a 20, d’autres de l’année dernière. Je ne suis pas muséographe. Si l’émotion est encore là, alors ça a sa place. Mais certains grands écarts vont en dérouter plus d’un, je pense.

1. Zazie, J’étais là (2007)

Ce morceau, qui n’en est pas vraiment un, m’avait beaucoup marqué. Je sens au fil de son écoute le découragement, la faiblesse, le désespoir. La puissance du morceau se trouve dans l’interprétation vocale de Zazie. L’interprétation est réelle, la voix s’éraille, l’émotion monte et on se souvient de nos actes de lâchetés. Emotion violente, mais juste. Une magnifique composition.

 

2. Mika, Happy Ending (2007)

Pour un premier album déjà plutôt réussi, le morceau Happy Ending, dernier du disque, porte une force positive assez dingue. Un sentiment d’amour m’envahit à son écoute. Les choeurs, la batterie jazz, le piano ou les violons au service d’un chant tout en douceur. L’histoire, pourtant, va bien à l’opposé, parlant de la douleur de la séparation, mais pendant longtemps, un temps précieux et beau, cette chanson fut pour moi un hymne à l’amour.

 

3. Nazareth, Telegram (1981)

Des folles années de jeunesse, je retiens Hermann et Nazareth. Plongé dans le noir, le son de la chaine poussée à fond, je goutais au rock le plus pur et le plus beau avec ce morceau de Nazareth. La chanson parle de la vie de rock&roller. Les scènes, la route, les guitares qui hurlent. Cet hymne à la vie de roader est puissant. Les guitar heroes, la batterie métronome, les effets scéniques, les voix détruites mais résistantes. Cette chanson, comme une locomotive, me pousse toujours plus avant quand je coince. C’est de l’énergie pure, profonde, souterraine, incorruptible. Cheval-Vapeur. Entre le rock et la volonté de vie, j’ai toujours trouvé un son commun. Ici encore. Et c’est cette version qui m’accompagne depuis 20 ans déjà.

 

4. Max Richter, Spring, les 4 saisons (2014)

Voila à mes yeux la plus belle part créative de cet album de recomposition de Vivaldi. Ce son, comme cacophonique, se retrouve dans une danse aérienne qui m’emporte. Il y a dedans une énergie de liberté belle et profonde. Je trouve l’espace, le ciel, l’air frais, le soleil. Ca brille, ca virevolte, c’est serein, c’est un état d’être entre la joie et la conviction profonde. Le reste de l’album me parle moins. Spring 1 est un morceau qui m’est précieux.

 

5. Orelsan, Suicide social (2011)

Véritable chef d’oeuvre peut-être encore trop méconnu d’Orelsan, laissant injustement la part belle aux autres titres plus lisibles et vendeurs, Suicide Social est un son de rage pure. La voix démarre lentement, résignée et laisse monter une haine viscérale et profonde contre nous tous. Chacun de nous, peu importe qui, se retrouve dans le texte. Une agonie de rejet, lente et progressive, qui fait monter en moi une colère sourde, profonde, et me donne envie de trouver le courage de changer les choses qui peuvent l’être, et d’abandonner les combats déjà perdus. Jamais Orelsan n’a mieux touché chez moi une émotion vivante. Ca reste de la magie, de l’écriture au son, jusqu’au clip. Ce morceau est, dans sa gamme, une perfection.

 

6. Goldman, ton autre chemin (1986)

Voila un souvenir de la taille d’une fresque de mille couleurs. Cette chanson, étonnamment peu connue, est une symphonie à elle toute seule autour d’une histoire dramatique. On accompagne au fil des variations musicales magnifiques Goldman dans une expérience douloureuse de voir son meilleur ami sombrer dans une maladie profonde. Il y a de la profondeur, de la colère, de la lumière, de la tristesse. La musique raconte autant que le texte.

De tout Goldman, c’est le morceau qui m’a le plus bouleversé, musicalement comme dans l’écriture ou l’interprétation. La meilleure version reste le live, largement supérieure à tout autre. C’est éblouissant.

 

7. Sia, i’m alive (2016)

De Sia, j’aime pas mal de choses. Sa dimension très artistique a parfois touché, comme le clip de Elastic Heart qui reste mon préféré depuis que je l’ai vu. Mais ce morceau me donne des frissons, de par son thème déjà, mais plus particulièrement par son interprétation hors limite de Sia. Sa voix est bouleversante et trahit toute l’émotion du texte. Je ressens l’ensemble cataclysmique de la force de cette femme à terre qui se relèvera encore, et encore. C’est d’une énergie très puissante et communicative. Sia joue à une autre niveau que beaucoup de ses concurrentes. Elle côtoie la perfection. A écouter fort.

 

8. Bigflo & Oli, Je suis (2016)

Petite merveille d’écriture et de composition, les deux frangins signent un flow parfait qui porte un message humaniste bouleversant. A les écouter, je me sens empli d’une immense compassion, presque douloureuse. Je comprends toutes les raisons qu’on a de se sentir rejeté, tous ces profils, toutes ces personnes, tous ces êtres, qui souffrent de ne pas se sentir ensemble. C’est fort, musicalement parfait, et l’interprétation est juste, progressive, incroyable. A écouter ces dizaines d’image, de témoignages, les frissons me parcourent. C’est juste merveilleux que ce morceau existe.

 

9. Accentus / Pachelbel, Le canon (2009)

Il m’a pris un jour la drôle d’idée de trouver la plus belle version qui soit du Canon de Pachelbel. Il en existe des centaines et comme j’aime particulièrement cette composition, ce fut un plaisir de creuser. Trouver l’orchestre Accentus, et cette vidéo qui est leur seul enregistrement de cette version, a été une grande rencontre. Laurence Equibey, la chef d’orchestre, a fluidifié toute la musique, ajoutant des instruments nouveaux, et jouant sur des niveaux de rythmiques différentes qui s’entrecroisent. L’émotion qui me traverse, c’est une harmonie sans fin de la vie comme de ce monde. Tout semble tourner sur des horloges différentes, en parfait équilibre. C’est un morceau qui m’accompagne depuis des années déjà, et sur lequel je reviens quand cette harmonie vient à me manquer. L’enregistrement l’a sauvé de cet état de grâce éphémère qui aurait pu le faire disparaitre au soir même de Noel 2009.

 

10. Chicane, Windbreaks (2012)

S’il y a une musique qui m’accompagne réellement, c’est bien Windbreaks. Petit chef d’oeuvre de profondeur introspective de Chicane, elle est une forme de rencontre amoureuse. Impossible de m’en lasser. Je connais la moindre de ses notes, le moindre rythme complexe, les instrus ou le mixage. Ses choeurs, sa guitare, son piano qui fait tomber le son comme des pluies de musique. La rythmique porte ma pensée loin du bruit, et d’un coup, du haut du ciel, plongeant à l’albatros, je parcoure les paysages, avec ce sentiment unique que tout ira toujours bien, et que tout mène au bonheur, pas à pas. Cette musique me rassure, caresse mes peurs, les apprivoisent. Et pourtant, certains n’entendront que du son, et la beauté leur échappera. C’est ainsi, tout ne se partage peut-être pas…

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