Ma petite liste d’expressions françaises et honteuses

Il arrive parfois qu’on trouve par hasard l’origine d’une expression étrange de celles qui fleurissent notre langue, et qu’elle ait un gout étrange…

Alors, vous les utilisez, ces expressions ? Jeunes innocents, si vous saviez. De votre enfant de 4 ans jusqu’à votre femme si chaste, vous ne vous rendez pas compte des horreurs que vous dites.

Petit tour d’horizon !

Le Malabar : Un esclave venant de la contrée de Malabar en Inde, particulièrement robuste pour les travaux pénibles. Vendu cher sur le marché des esclaves du 18e siècle en France.

Les poulets : Parce que le 36, Quai des Orfèvres à Paris a été installé sur un ancien marché de volaille.

Prendre son pied : Le pied est une mesure utilisée par les pirates pour définir la part de chacun en paiement de ses sordides actions de prises de guerre. On prend son pied pour aller à terre et dépenser le tout en alcool et en pute.

Accorder ses faveurs : C’est au XVI°siècle, à la suite de la fermeture des bains et étuves, que les prostituées ne purent continuer à se faire épiler par le barbier. Elles laissèrent donc pousser les poils de leur pubis, qu’elles brossaient et tressaient avec soin. Elles y attachaient des flots de tissus, appelés « faveurs » ou « favoris », et les offraient parfois à leurs clients préférés. Cette mode fut partagée par quelques dames à la vie réputée sulfureuse.

Rouler une pelle : Cela viendrait du jeu de Paume, ce Tennis pour riche d’avant la révolution. La pelle vient de peloter, jouer de la pelote, ou simplement s’echauffer doucement dans les termes de ce sport. Rouler, c’est le mouvement de la langue pour s’echauffer doucement avant de commencer le match…

Pour des prunes : Ca date du 12e siècle. Les armées de France sont partis massacrer pour la seconde croisade, à la recherche du corps du Christ, et de ses richesses annexées. Ce fut beaucoup d’effort pour pas grand chose, car ils revinrent avec des pieds de prunier de Damas seulement, inconnus alors en France. Après des décennies de combats, autant dire qu’on s’est foutu de leur gueule…

L’Arlesienne : Cela vient d’un conte des lettres de mon Moulin de Daudet. Un homme souhaitait épouser une femme d’Arles qu’il n’avait vu qu’une fois et qui ne vint pas à la cérémonie. L’homme s’est suicidé. Ambiance. Donc l’Arlesienne, c’est la femme qui ne viendra pas.

Il n’y a pas le feu au lac : Cette fois, c’est nos copains suisses qui prennent cher avec cette expression. Au début, on disait « il n’y a pas le feu ». Logique, on n’est pas pressé. Le lac qui s’ajoute, c’est le Leman et cette adjonction est là pour se foutre de la gueule de leur lenteur légendaire.

C’est coton : L’ère industrielle a connue ses déboires. La préparation du coton fût l’une des plus difficiles et dangereuses pour les ouvriers. Les vapeurs, les poussières, les machines, la technique ultra-précise, il fallait que chaque geste soit parfait pour ne pas effiler ou faire des noeuds. Une des industries les plus exigences de son époque. « C’est coton », c’est tellement rien à côté de l’enfer que les ouvriers ont connu avec ce tissu…

Malin comme un singe : Au moyen-âge, le singe était considéré comme un démon à la solde du Diable, et le Diable s’appelait le Malin. Donc bon, c’est pas un compliment quand on dit qu’un enfant est malin comme un singe…

S’attirer des bricoles : Au Moyen-âge, les bricoles sont des catapultes à balancier meurtrières conçues avec les morceaux des autres machines sur les champs de bataille. La visée était plutôt imprécise et le résultat parfaitement assassine. Eviter de vous attirer des bricoles si vous voulez pas mourir dans d’atroces souffrances…

Pleurer comme une Madeleine : Vous vous souvenez de Marie-Madeleine ? La sainte pute qui se confessa à Jesus en pleurant tant à ses genoux qu’elle lui en lava les pieds ? Et qui, lorsqu’il était dans son tombeau, pleura encore toutes les larmes de son corps ? Au point que Jesus ressuscité lui demanda pourquoi elle pleurait encore ? Voila, c’est de sa gueule qu’on se fout avec cette expression…

Avoir un pépin : Quand on sait qu’un pépin, c’était comme un béguin dans l’argo du XIXe, et qu’avaler le pépin signifiait tomber enceinte, vous comprenez mieux le sens de l’expression « je crois que j’ai un pépin, là ».

Ruer dans les brancards : Saviez-vous qu’on appelait au XIXe siècle les jambes des femmes les brancards ? Oui, ça vient de là…

Faire profil bas : Gagnons du temps sur celle-là : Argo, débander.

Reprendre du poil de la bête : Oui, c’est argotique, et ça signifie remettre le couvert lors d’une soirée sportive avec madame. Encourageons donc nos amis à reprendre du poil de la bête. Au passage, l’expression a connu une halte sur le territoire de l’alcool, parlant des gens qui se remettaient à picoler à peine dessaoulé. Camarade, je lève mon verre…

On n’est pas là pour enfiler des perles : Expression qui dit qu’on a autre chose à faire, et qui trouve son origine dans un fait encore actuel : les femmes sont de véritables perles…

Avoir la puce à l’oreille : La puce, au XVIe siècle, était un sofa utile aux dames pour rencontrer ces messieurs dans des positions agréables. Cela a donné « excitée comme une puce » puis avoir la puce à l’oreille, l’oreille étant alors un métaphore taquine des parties de madame. Après, ça a dérivé vers les cocues malines qui trouvaient le pot au roses.

Se dorer la pilule : Restons soft, il s’agit de la technique des apothicaires pour rendre les gelules plus attrayantes à la consommation en les dorant légèrement et en leur donnant un gout plus sucré. On appelle cette technique la dragéification. Alors, cette expression signifiait se rendre appétissant à l’origine…

C’est chouette ! : Oh, si vous saviez… Ca nous vient des milieux libertins et homos des années 30 et LE Chouette signifiait l’anus… Réjouissez-vous, ça va être chouette !

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2 Comments, RSS

  1. Niavo août 7, 2017 @ 8:11

    Merci pour cette leçon de culture G! 😀 Je vais dormir moins bête ce soir! …Néanmoins, sur « Rouler une pelle », cela ne devrait-il pas être « Rouler, c’est le mouvement de la langue pour s’echauffer doucement avant de commencer le match… » et non « avec de commencer le match »?

    • David Gos août 7, 2017 @ 8:36

      Tout à fait, Niavo ^^
      C’est corrigé, merci !

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