L’industrie au service de l’écologie, la bonne idée mondiale

Quand les usines participent obligatoirement à la santé du monde

Ce qui m’embête le plus avec le capitalisme, c’est le mépris des industries au respect et à la préservation de l’environnement autour de leurs usines. On les accuse de pollution, de manquement aux principes écologiques les plus élémentaires, et le monde s’enfonce dans le réchauffement climatique, la pollution mondialisée, voire même monétisée. Bref, comment résoudre cela ? J’ai une petite idée.

Peut-on obliger des usines à respecter l’environnement ? Non.

Première constatation. Toues les entreprises revendiquent le droit inaliénable de prospérer. Elles ont raison, c’est le but de leur existence. Il ne s’agit pas que de nourrir chaque jour les membres qui la constituent, mais bien d’amasser des bénéfices, tenir sa place sur un marché, innover et produire. Pour cela, l’écologie apparaît comme un caillou dans la chaussure, une forme de morale obligatoire et révoltante que la concurrence n’a pas, et qui les désavantage. Force est de constater donc que le citoyen et l’entreprise ne vivent pas dans le même monde et n’ont donc ni les mêmes règles de fonctionnement, ni les mêmes objectifs à terme. L’un veut que l’autre se moralise, protège les emplois, offre un niveau de vie chaque fois meilleur, et l’autre cherche à croître, à prospérer, à économiser et optimiser. C’est un peu comme si votre main droite exigeait que le reste de corps soie moins mobile parce que c’est fatiguant, et que votre volonté ne soit plus souveraine sur votre organisme. Les deux sont à des échelles de réalité différentes et il n’est pas rare, hélas, de voir des entreprises fermer pour n’avoir pas pu licencier une part de sa force de travail. Cependant, la morale que revendique le travailleur doit exister. Et il faut trouver le consensus entre les deux. Vaste sujet, complexe, dans lequel les syndicats devront sans doute trouver leur rôle, avec pondération, représentation et respect des deux partis.

Mais pour l’écologie, c’est encore pire. Là, seuls les chevelus et les bienheureux défendent les intérêts de la vaste terre que nous habitons. Et pourtant, tout le monde s’accorde sur le fait que nous prenons chaque jour une mauvaise direction, et que notre industrie empire la situation. Comment régler deux problèmes en même temps ? Comment moraliser le capitalisme qui réclame d’être libre, et développer en parallèle l’écologie salvatrice ? En confiant la responsabilité de l’écologie à l’industrie, avec obligation de s’en occuper. Évident…

 

Et si l’industrie se chargeait de l’écologie ?

C’est une idée basique, à peine dégrossie, sûrement un peu idiote, mais elle me semble viable. Sa seule condition est qu’elle soit mondiale, commune et indiscutable. Elle sera génératrice d’écologie, de mieux-être, d’emplois et sans doute de richesse directe et indirecte.
Il s’agit simplement d’imposer à chaque entreprise dite « polluante », une obligation de consacrer une part de ses bénéfices (quelques pourcents suffiront) à un projet écologique. Tout comme la télévision finance sur ses bénéfices le cinéma français, chaque industrie pourrait financer le nettoyage d’une zone polluée, l’installation d’un retraitement des déchets, la reforestation d’une zone sinistrée ou encore la création d’un parc pour une collectivité. Peu importe. Le projet doit avoir une empreinte écologique positive, c’est tout. Laissons-leur le soin d’imaginer ce qu’ils vont faire.
Première conséquence : Toute une nouvelle industrie verte verra le jour pour dépenser, en sous-traitance, les deniers des industries polluantes qui ne veulent pas se charger elles-mêmes de cette tâche. Des milliers d’emplois verts financés par l’industrie.
Seconde conséquence, le ROI : Chaque industrie se fera un plaisir de communiquer ses investissements « à qui mieux mieux » dans ses campagnes publicitaires. On n’entendra parler que de cela : Peugeot reforeste la Bretagne touchée par les inondations. Rhône-Poulenc investit dans les éoliennes. Seb nettoie le littoral normand après une marée noire. L’obligation deviendra une communication.
Troisième conséquence : Cette obligation ne s’appliquant qu’aux industries polluantes, certaines préféreront tenter de sortir de cette classification humiliante en changeant leur structuration pour cesser de polluer. Un investissement à long terme responsabilisant qui leur sera écologique et redorera leurs images.

Il ne faut pas que le gouvernement se saisisse de cette taxe pour « punir » les pollueurs, ça serait l’occasion pour eux de se plaindre encore plus de la main-mise de l’État dans leurs revenus. Et surtout, on ne sait pas comment l’argent sera employé par la suite, ne servant pas nécessairement le projet écologique à terme. Il faut que chaque entreprise soit responsable d’actions précises dont elle rendra compte à ses concitoyens. L’industrie se responsabilise, et assume son capitalisme débordant, en se dédouanant par des actes concrets améliorant la situation.
Et bien sûr, il faut que ce soit au minimum européen et au maximum mondial pour éviter la délocalisation des pires pollueurs vers des pays qui n’ont pas les moyens d’empêcher la pollution de leurs sols sans se priver de revenus salvateurs.

Allez, 3 % des bénéfices annuels. Ça devrait suffire à changer la face sur monde pour les siècles à venir.

Est-ce une bonne idée ? Qu’en pensez-vous ?

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