Bordel, comment peut-on être si relatif !!

Einstein sourit gentiment

Petite réflexion sur la relativité. Oh, juger fait partie de notre nature, mais à quel point le pouvons-nous ? Et pourquoi à hacoup sûr on se plante ?

Tout est relatif, et c’est une règle absolue, donc tout n’est pas relatif puisqu’il existe une règle absolue qui dit que tout est relatif ? Ok, bon, mettons que tout est relatif…

Poser un jugement sur une situation requiert d’en posséder tous les éléments, mais pas que. Il faut aussi adopter la pensée relative des auteurs de cette situation. Et là, se pose la question de savoir si on le peut, sachant qu’on n’est déjà pas foutu de le faire pour soi-même. Tu dis te connaitre ? Quelle part de toi dit ça et qu’est-ce qu’elle attend réellement en le disant ? Voila…

Tuer un homme, c’est mal. Tuer un homme en période de guerre, c’est bien. Tuer un homme qui a tué votre famille en période de paix, c’est… compliqué. 

La relativité de chacun d’entre nous est extrêmement différente de l’un à l’autre. Chacun vit dans une bulle de réalité, qui est régie par un ensemble de règles intrinsèques et extrinsèque (rien à voir avec le saucisson). 

Par exemple, qu’est-ce que ça peut changer dans votre perception du monde que de naitre dans une démocratie à suffrage direct ? Je vois les gens crier au scandale dès qu’on retrouve un politique la main coincée dans le pot de confiture, et on ne mesure plus que nous le faisons parce que nous avons un pouvoir d’action dessus. Ailleurs dans le monde, le pouvoir est tout puissant, et on nait avec la certitude de n’avoir aucun recours face à l’injustice. La version de la justice même est modifiée. Elle a deux niveaux, point barre.

Et quand on nait femme ? Ou homme ? L’expérience de vie dans une civilisation n’est pas la même. Les femmes se retrouvent assez rapidement à devoir se méfier de la libido masculine, non pour la grande majorité d’entre nous, les gentils poilus, mais pour la minorité de batards qui vont chercher chez elle quelque chose qu’elles ne savaient pas posséder et le leur voler, les humiliant fortement par la même occasion. Elles comprennent alors qu’elles possèdent une symbolique que les hommes recherchent. Alors elles espèrent un autre, qui soit dans la compréhension de qui elles sont, au delà de ce symbole. Les hommes, eux, vivent, s’ils le veulent, complètement en dehors de cette question jusqu’à leur puberté. Et même par la suite, ils peuvent se comporter, depuis très jeune, en « bon père de famille ». Comment comprendre alors pour un homme doux et respectueux qu’une femme le rejette au premier contact ? Il faudrait faire le parcours inverse pour comprendre le même geste pour cette femme, au parcours peut-être sensibilité, qui rejette un homme qu’elle a jugé à juste titre selon ses critères comme intéressé par le symbole. (ou juste, elle s’en fout du mec, parce qu’on est tous libres, au final, de choisir).

En réalité, même en étant profondément égalitariste, je ne pourrai jamais cerner seul la condition des femmes dans notre monde et notre époque. Ce que je sais, c’est qu’il n’y a à mes yeux aucune différence de potentiel entre homme et femme. Reste que le monde crée la réalité dans laquelle chacun s’inscrit.

Et naitre d’une origine autre dans un pays, et avoir ses caractéristiques ethniques visibles ? Vous croyez que l’expérience de vie est la même que Mr intégré ?

Et naitre petit, voir très petit ? On se sent comment face à tous ces gens dans la moyenne ?

Et trop grand, et trop gros, et trop intelligent, et riche ? Et fils de personne célèbre ? Et enfant de racistes patentés ? Et enfant de femme violée ? Et handicapé physique ? Et prenant du poids facilement ou à l’inverse toujours trop maigre ? Et la sensation d’être à sa place ou de rater sa vie ?

Tout est relatif. Relatif à soi, à sa culture, à son époque aussi et même à l’étage de son appartement dans l’immeuble.

Au delà de ce premier niveau de vie, on arrive sur l’époque. Naitre en France sur la génération qui a connu l’explosion d’internet, c’est avoir connu deux paradigmes du savoir. Le premier, à l’origine, était qu’il appartenait aux intellectuels et aux riches. Les encyclopédies Universalis qui trônaient dans le salon, les bibliothèques, les collections de films, de disques. Chaque chose avait un prix. Rien n’était gratuit, et surement pas le savoir.

Et aujourd’hui, tout est offert à tout humain connecté sur la planète. C’est fou comme changement. Nous sommes déjà sur des valeurs différentes avec les enfants nés depuis Internet.

La démocratisation du savoir, du voyage, des technologies, c’est incroyablement récent. Comment juger quelqu’un qui est tout le temps sur son portable ? « Nous, on jouait dehors ». Oui, et nos amis étaient dans le village, et aller à la ville à coté était une aventure. Aujourd’hui, on se rencontre dans un lieu immatériel où tout le monde est égal. Vous n’avez pas remarqué ? Aucune hiérarchie sur le Web… 

Et dans cette époque, je suis né un tout petit peu avant l’épidémie du Sida. Pour moi, le sexe, c’est pas futile. Ca peut tuer. Ca peut enfanter. Ca peut mener à tuer d’autres personnes. Avant cette période, on a eu une révolution sexuelle dans les années 60, 70. Y avait même un courant, appelé le Tossing, en Angleterre, où des gens couchaient ensemble sans se connaitre après avoir juste échangé un clin d’oeil, et sans capote. Inimaginable aujourd’hui. Ce n’est pas la morale qui m’en empêche, mais la peur de la contamination. On en meurt, bordel ! Autre réalité.

Et avec ces nouveaux outils de rencontre, nos critères changent aussi. Avant, on jugeait sur l’apparence mais aussi l’attitude. Il fallait de feeling, on flirtait, on apprenait à se connaitre, c’était censé durer une vie entière. On acceptait les défauts, du moment qu’ils étaient acceptables. Le choix était restreint, alors on accordait de l’importance à la rencontre.

Aujourd’hui, il n’y a plus de différence entre le choix de la première rencontre avec le choix d’un nouveau téléphone. On parcours des fiches, on compare, on tente. Le cadre a changé, les options se sont ouvertes, on a industrialisé la rencontre amoureuse. On a même aujourd’hui des spécialistes qui draguent sur le net pour vous et vous font un compte-rendu avant la rencontre.

Il y a aussi la question du futur qui a changé. L’écologie, c’est depuis ma naissance qu’on me bassine avec. Les mouvements écolo, les Hulot, Bové, Con-Bendith et autres hurlaient déjà au drame, et on se moquait d’eux. Aujourd’hui, on paie ces conséquences. Demain, le monde va vivre une grande période de changement, et pendant cette transition, ce sera le chaos, les fléaux, l’apocalypse. La terre appartiendra au survivant. On parle d’extinction de masse, et parallèlement, on parle des dégâts que l’Homme continue à faire. Personne ne semble bouger. Personne ne semble d’accord. Parce que l’Afrique va souffrir en premier ? Y a déjà tellement de tempête aux USA. Notre conscience mondiale se réveille. Nous ne sommes pas rien. Et pourtant. Les gens semblent ignorer que la terre leur survivra toujours. Elle rebâtira comme elle l’a déjà fait plusieurs fois. On nous culpabilise à chaque instant sans nous dire quoi faire pour aider. Seul l’humain mourra, et l’idée commence même à séduire certains extrémistes écolo.

De toute façon, on n’évitera ni la surpopulation, ni le manque d’eau ou de nourriture. Ni la guerre, donc. Et il y a 100 ans, c’était quoi la vision du futur ? Les voitures volantes ? La paix durable ?

Avez-vous conscience que c’est l’engrais qui a sauvé l’humanité il y a un siècle ? On n’arrivait déjà pas à produire assez pour l’humanité.

La relativité, c’est tout ça. Ajoutez votre âge, qui conditionne votre comportement social en fonction de votre société, votre apparence, vos vêtements, vos cheveux, vos moyens financiers, la réputation de votre famille, votre sphère professionnelle, si vous êtes mac ou PC, si vous êtes un metalleux, un fan de porno, un complotiste, un anti-vax, atteint de dépression ou psychotique, et même si vous êtes très beau.

Et ces milliers d’autres critères qui font de vous qui vous êtes inconsciemment vous permettent à présent de comprendre 3 choses fondamentales :

  • Vous ne vous connaissez certainement pas aussi bien que vous croyez si vous n’avez pas conscience tous ces facteurs qui vous conditionnent. Votre réalité est parfaitement relative à vous (manger du cheval, c’est normal dans certaines ethnies et noyer les chatons aussi).
  • Il vous est alors impossible de juger quelqu’un d’autre si vous ne vous connaissez pas vous-même… Mais c’est genre tellement pas possible. Imaginez que l’inconnu en vous, répondant à on-ne-sait quelle influence, juge. Comment cela peut-il être objectif ? 
  • Dans votre réalité, vous êtes seul. Réellement. Personne ne peut partager votre interprétation du monde. Donc votre avis ne vaut rien, pas plus que le mien, parce qu’il n’existe aucune règle qui le construit identique et compréhensible pour tous. Ca dépend toujours de chacun…

Amusez-vous à mesurer tout ce qui vous définit et vous différencie des autres, et essayez de voir en quoi cela conditionne votre réflexion, que ce soit sur vos limites, votre place, la manière dont les autres vous perçoivent. C’est tout un voyage.

 

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  1. John juillet 27, 2017 @ 3:42

    Quel article de dingue ! J’adore !

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