Euthanasie et humanité

Cette histoire me touche, me sensibilise, me blesse aussi. Je repense sans cesse à cette femme qui tente d’echapper à son destin. Elle est atteinte d’une merde au nom latin à ralonge qui signifie qu’elle va mourir bientôt dans d’atroces souffrances. Elle est privée d’humanité au fil de la progression de la tumeur. Perdu le goût et l’odorat en 2002, perdu la vue il y a 4 mois à peine. Et toujours des douleurs insoutenables. Sa maladie est incurable, c’est à dire que les médecins qu’elle a pu se payer n’ont pas trouvé comment l’enlever.

Je dis cela suite à la solution de mon président Sarkozy, qui va mettre les « meilleurs universitaires » sur le coup. Tout sauf la mort…
Je repensais à une discussion par blog interposé que j’ai eu avec Toan, sur la responsabilité de l’Homme face à l’Animal. Il me soutenait que l’Homme avait le devoir de mettre à mort un animal souffrant par humanité lorsque celui-ci est condamné par la vieillesse et la maladie. Je lui avais répondu que l’Homme ne se l’appliquait pas à lui-même et refusait d’accompagner par un acte humain dans la mort un humain souffrant. Et depuis, je m’interroge.
Certes, la raison logique est perturbée par la souffrance, et on ne peut croire en le désir d’un humain en souffrance de vouloir se donner la mort. Certes, la famille, pour des raisons possibles de dérives, ne peut décider de la mort d’un de ses membres, comme au moyen age un père le pouvait. Certes, le corps médical n’est pas à l’abri d’une erreur, ou d’une soudaine découverte, et ne peut commencer à tuer ses patients, sous peine d’entacher la confiance que les Hommes font au savoir médical.

La mort comme echec, la mort comme fatalité, la mort comme souffrance. Est-ce un bon regard ? Et la liberté des humains de mener leur vie comme bon leur semble ? De faire des choix que la constitution et le droits de l’Hommes sont sensés garantir ? Les dérives sont nombreuses en possibilité, mais dans ce cas-ci, je ne vois pas le doute, juste la cruauté humaine, par sa bétise et sa peur du jugement, à ne pas répondre à la demande.

Une femme d’une cinquantaine d’année, défigurée, perdant ses sens au fur et à mesure, condamnée à moyen terme, au bout d’une grande souffrance, qui a encore toute sa tête, dont les enfants et le mari soutiennent le choix, décide en son âme et conscience de quitter ce monde dignement, alors qu’elle en a déjà trop vécu. Et en plus, elle en fait la demande à l’Etat qui la lui refuse.

Je sais la grosse machinerie que peut être l’Etat et je connais la profondeur de ses doutes, mais là, il faut que des médecins se consultent et, s’ils ne trouvent aucune solution pour elle, qui la laissent libre de son choix, avec sa famille, ses proches.

C’est un drame de l’Humanité que je vois ici, une monstruosité sans non, un cancer du coeur. En temps de guerre, on lui aurait déjà mis une balle dans le crane, en suisse, elle aurait déjà bu son verre de poison. La France, pays des droits de l’Homme, condamne une femme à souffrir au delà de toute limite jusqu’à ce que mort s’en suive.

Pour ma part, je ne me prononce pas, excepté sur le point que c’est à la famille et à cette femme qui a toute sa tête de choisir la solution. Et, si je puis conseiller quelque chose. Madame, n’attendez pas l’autorisation de l’Etat. Ce n’est pas à lui de décider de votre vie. Il n’est que la règle d’un jeu social auquel désormais vous echappez. Vous souffrez trop dans l’indifférence pour qu’on vous considère encore française, européenne, ou que sais-je. Vous êtes desormais humaine, et ne répondez plus à aucunes règles. Faites votre choix en cohérence avec vos proches. Ne laissez personne de malheureux derrière vous, ne fuyez pas ce monde, mais soulagez vous, comme vos proches de ce poid immense. Si telle est votre décision, je ne serai pas la main qui arrete…

Voilà, en ce qui me concerne, mon immense incompréhension, ma honte d’être français, ma compassion pour cette famille, mon amour pour l’autre que moi.

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