Les Poux : La lotion magique des jeux de puce

Un jeu de puce qui se nomme « les poux », provocation ou retour aux sources ? Christophe Boelinger, le surfeur-collectionneur-créateur le plus branché du PAL (Paysage Audiovisuel Ludique), en partenariat avec un éditeur français des plus original du moment, Jactalea et ses célèbres gammes en cuir, sortent un jeu hors-norme avec un goût de « déjà aimé » très prononcé. Le mariage des genres et la dissonance du jeu sur la gamme de l’éditeur feront-ils la recette qu’on espère ? Décorticage de la bête.

Principe et résumé des règles
Comment jouer ?

Chacun des joueurs incarne un enfant dans une cour de récré. Chaque enfant a la tête couverte de poux. Ils se lancent le concours de s’en débarrasser plus vite que les autres au détriment des autres joueurs.

Pour ce faire, vous devrez user de votre adresse de joueur de jeu de puce et faire sauter les poux (disque en plastique) avec un propulseur dans le but de les faire atteindre la base d’un autre joueur.

Une série de cartes va rythmer le jeu en vous permettant de constituer une main de cartes actions que vous pourrez jouer sans limites à votre tour. En voici un résumé :

– Faire apparaître un pou

– Faire disparaître un pou

– Obliger un joueur à se défausser (et se faire piller en se grattant réellement la tête)

– déplacer 2, 3, 4 ou 5 fois un ou des poux (selon la carte)

– Déplacer la base (vers une autre base ou en s’en éloignant, selon la carte)

– Faire apparaître et déplacer le peigne (rempart entre les bases)

Comment gagner ?
Débarrassez-vous de tous les poux qui sont sur votre base en les envoyant sur la tête des autres et vous serez victorieux.

Conseil
La fin d’une partie peut être frustrante pour les autres joueurs qui aimeraient obtenir un classement des gagnants et donc poursuivre après la victoire du premier. Cependant, à 4 joueurs, la partie devient interminable et lassante lorsque les deux derniers joueurs poursuivent l’affrontement, dû au trop grand nombre de poux en jeu. Abstenez-vous ou réduisez le nombre de poux en jeu en correspondance avec le nombre de joueurs. Conseil d’ami.

Le matériel
Le format de la boîte a ce petit quelque chose de novateur. Le carton moins épais qu’à l’habitude, un compartiment coulissant, remplit à ras bord de matériel coloré.
Il y eut un grand étonnement en sortant le jeu de sa boîte. Des jetons, nombreux, qui doivent être habillés de leur autocollant (tradition connue à présent chez les joueurs de jeux de puce), aux cartons pliés en trois pour les terribles « peignes ». Des cartes au graphisme bien senti aux plaques de mousse personnalisées qui donneront à chaque joueur son « enfant terrible », sa base. Ce jeu est hors-norme.

Le tapis de jeu fait 1m², en mousse et plastique tendre, la vue aérienne d’une cour de récréation donne envie de s’y promener visuellement.
Les détails de ce plateau sont un éloge au monde ludique. Somptueux, riche, amusant. On y reconnaît les grands maîtres du jeu comme Laget, Cathala, Faidutti, mais aussi Phal, les Belgo-Mexicains de Repos Prod ou encore Maublanc (Ici Mr K) et plein d’autres que je vous laisse découvrir. On y voit également des clins d’œil subtils au monde du jeu. Des enfants jouent au jeu de rôles dans la cour, d’autres à Cash ‘n Guns live, à côté de la marelle et de la « balle aux prisonniers ».

Bref, que dire si ce n’est que le matériel est fantastique, résistant, drôle et bien pensé. Un grand bravo à la réalisation technique et à l’habillage graphique de Pierô, rempli de tendresse pour le monde du jeu.


Le plaisir du jeu
Après une dizaine de parties avec toutes sortes de publics, le jeu fascine toujours autant. Jouer à s’envoyer des poux avec un jeu de puce est pour beaucoup de joueurs adultes un retour en enfance inespéré. Les enfants s’en régalent et enchaînent les parties. Les adultes vont râler du peu d’adresse qui leur reste, et redoubler d’effort pour retrouver le niveau perdu. La thématique jeune et drôle cache un jeu tactique. Déplacer les plates-formes, préparer des cartes de tir, faire vider la main de quelqu’un, voir son préparatif d’attaque, autant de richesses qui rassureront les adultes sur le sérieux du jeu. Cependant, quelque chose freine. La consonance enfantine et la difficulté à cacher son jeu enlèvent une probable dimension de bluff, chère à tous les stratèges. Le jeu mériterait une variante plus adulte, plus complexe, sous peine de lasser les plus grands joueurs.

Mon avis
Soyons clairs, ce jeu s’adresse aux jeunes joueurs comme aux joueurs jeunes. Le fun, les rires, l’adresse, les cartes « cruelles » sont autant de « bons points » pour cette réalisation du seigneur du Donjon, Mr Boelinger (Dungeon Twitster). Le jeu risque de trouver ses limites dans le renouvellement tactique, et devra suivre la voie des variantes et des extensions s’il souhaite s’inscrire dans le temps. Cependant, si vous avez des enfants dans votre entourage, ce jeu est la plus fantastique des initiations aux jeux modernes. Adresse, Tactique, Choix multiples, Préparation, Protection, Attaque. Parents, misez dessus sans hésiter !

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