iPad : Alien Menace

Le jeu Alien Menace sur iOS

Les yeux dans le vide, un temps d’absence. Le pied posé sur le crâne de la bestiole que d’autres avant vous ont abattue au prix de leur vie, vous vous refaites le scénario. Un vortex ouvert, les saloperies entrent et bouffent tout. Ok, mais pourquoi cet écran indique « Détruire – Portail – Vite » ? Visiblement, l’expérience a mal tourné, et si la porte a été ouverte, c’est donc à vous que revient la charge de la refermer. Quand vous êtes prêt, appuyez sur JOUER.

L’ambiance
Un bruit de sas à l’ouverture de l’application nous rappelle les meilleurs moments des FPS de notre enfance/adolescence/le-truc-auquel-papa-jouait : Doom, Duke Nukem, Quake… On sait à quoi s’attendre. On retrouve d’ailleurs la sensation de survie de manière assez marquée dans l’assemblage du jeu. Trois niveaux de difficulté : Recrue, Vétéran, Cauchemar. Des animations dans un ascenseur industriel qui semble chuter dans le vide pour les temps de l’explication des règles, le visage du héros sombre et buriné. Un ronronnement permanent de générateurs rouillés.
Une fois dans la partie, votre gars, qui rêverait sans doute d’être ailleurs, part dans les couloirs de la base faire le ménage. Vous aurez le choix de son chemin, chaque salle ayant des avantages et des inconvénients. On le voit de dos, armé, courageux et terriblement seul.
Arrivé dans une salle, un grand panoramique nous en donne l’ambiance. Les différentes phases de jeu s’accompagnent d’un bruit robotique sourd. Le son rappelle des films comme Alien ou Starship Troopers. De la rouille, des odeurs qu’on imagine fétides…
Les cartes de jeu, car oui, c’est un jeu de cartes, sont dans le ton. Les créatures semblent sorties des enfers, les armes des jeux vidéo futuristes, les cartes d’actions et d’évènements de bandes dessinées.
Lorsqu’on joue une carte, celle-ci est accompagnée d’un son. Électricité, hurlement, coup de feu, cri, en fonction de son effet, tout y est pour y croire. Les concepteurs ont eu la bonne idée, selon moi, de ne pas miser sur des animations que l’iPad ne peut pas rendre convaincantes, mais de laisser l’ambiance sonore accompagner l’imaginaire des joueurs. C’est réussi, voire même très réussi. Un son d’entrepôt militaire accompagne toute la partie de manière continue, assurant ainsi une ambiance posée et assumée, tout en étant assez discrète pour ne pas nous casser le crâne à force de répétition.
Le jeu en lui-même dégage une sensation familière aux joueurs de FPS. Les munitions sont rares, les bonus aussi, les points de vie comme les possibilités de fuite sont réduits au minimum. Celui qui veut gagner devra avoir des nerfs d’acier, car les créatures attaquent en série et cherchent à vous faire épuiser vos réserves pour vous bouffer la gueule. Chaque choix compte. Quelle salle prendrez-vous ? Quelle arme garderez-vous en réserve ? Quand rechargerez-vous ? Tiendrez-vous la distance ?
Oui, ce jeu a su mettre la pression d’un Doom dans un jeu de cartes pour iPad et iPhone…

Le système
Le jeu en lui-même a un parfum de « déjà vu » pas désagréable, rappelant des jeux de cartes à collectionner comme Cthulhu ou des Blue Moon et consorts. Chaque joueur abat des cartes pour surenchérir sur la valeur de l’attaque de son adversaire. Si l’Alien obtient le score le plus haut, il blesse le Marine ; dans le cas contraire, ce dernier tue le monstre, mais un autre peut surgir. Des cartes d’actions et d’évènements (permettent de changer la donne lors d’une attaque, d’avoir des infos ou des cartes supplémentaires) influencent le jeu et les situations. On récupère aussi des jetons qui, en fonction des cartes qu’on utilise ajoutent un bonus à notre attaque, si on réussit à pile ou face pour chaque jeton. Oui, on jette la pièce et on espère qu’elle tombe du côté bonus…
Il serait injuste de limiter le jeu à ces règles, car l’affrontement est plus psychologique que ça, et Pascal Bernard, créateur de jeux de plateau depuis dix ans, comme P.O. Barome, expert et passionné de Magic, nous ont livré un jeu auquel ils aimeraient eux-mêmes jouer. Les règles sont simples, mais rien d’autre n’est simple dans ce jeu.
On a un certain nombre de niveaux à gagner. Les cartes ne se renouvellent pas systématiquement. Si l’on est victorieux dans une salle, l’ennemi bloque l’accès à l’une des deux salles suivantes (celle qui aurait été la plus avantageuse pour nous). Nos points de vie sont limités à trois, nos armes sont limitées, nos bonus aussi, bref, on n’est pas à l’aise tout du long. Le jeu va jouer sur une double dynamique. Le Marine va tenter une gestion de ses attaques, de ses combats, de ses jetons, et l’Alien va tout faire pour le pousser à la faute. Épuiser trop vite ses ressources, affronter trop fort pour lui, déclencher des bonus précieux pour rien, bref, le jeu se situe surtout à cet endroit, et c’est ce qui le rend si prenant.

L’application
L’application a ses défauts, qui lui sont vite pardonnés au regard de ses qualités. Nous pouvons critiquer la règle du jeu, pas vraiment claire, donnée dans cet ascenseur qui descend vers les enfers et qui semble nous presser avant son arrivée à destination, le tout écrit dans des couleurs étranges. À la fin de la lecture, je me rends compte ne pas avoir tout saisi, et plusieurs parties me permettront de comprendre que l’autre partie de la règle se trouve sur les cartes au moment où je joue.
Ces cartes s’affichent aussi d’ailleurs de manière peu pratique pour les débutants. Quelques secondes appuyées vous donneront leur contenu et le temps de jeu, c’est vrai, s’allonge ainsi jusqu’à ce qu’on connaisse de tête les caractéristiques des cartes.
Les jetons qui se jouent à pile ou face pour gagner des bonus d’attaque m’énervent personnellement. Je n’accuse pas le jeu, mais ma poisse légendaire et je suis capable de les gâcher en série avant d’avoir le moindre bonus. Le fait que ce soit le « hasard » de l’ordinateur (un algorithme basé sur l’impulsion du lancer du joueur) qui décide du résultat de cette pièce lancée à pile ou face me donne aussi une petite sensation d’injustice, et je fais moins appel à ces bonus que de raison à cause de cela.

En parcourant le web pour faire cet article, je suis tombé sur le site officiel de l’éditeur et sur celui de l’un des auteurs présentant un background de qualité, avec des vortex, des scientifiques, des créatures, un héros au passé glorieux, etc… J’avoue ne pas en avoir trouvé trace dans l’application. Peut-être est-ce superficiel dans le domaine informatique, et essentiel dans les jeux de cartes, mais ce petit détail, comme ne pas connaître le passé ou le nom de mon héros, m’embête toujours un peu.

À part cela, comme souligné dans l’ambiance, le jeu peut se targuer d’une réalisation exceptionnelle et d’une mise en scène sonore et visuelle inégalée pour un jeu de cartes sur iBidules. Le mélange des genres est d’ailleurs réussi et on se retrouve à imaginer notre héros affronter des créatures abjectes en pleurant sa mère pour une boite de munition supplémentaire. Fuir, c’est mourir un peu…


Mon avis

Alien Menace sort en jeu de société en simultanée du jeu iPhone et iPad. J’ai eu un coup de cœur pour l’application, car rarement un jeu m’a autant transporté, qui plus est un jeu de cartes, dont je ne suis habituellement pas très friand. Ici, le jeu est simple et très psychologique. Il faut tenir. Tenir la distance, les combats, les munitions, la vie. Accepter de perdre pour passer une épreuve, fuir quand on veut éviter un gâchis de munitions. Les pièces ajoutent un bonus supplémentaire à pile ou face, et je déteste ça, car l’Alien gagne toujours et moi jamais (oui, bon, je suis poissard).
Le mécanisme du jeu aux apparences classiques se dote de petites astuces (choix des salles, jetons, fuite possible, etc.) qui le rendent original, fluide et nerveux à souhait.
Je finis une partie, je perds, forcément, et je réenchaine, avec une certitude supplémentaire de mieux y arriver, car je connais mieux mes armes et les salles. Il y a un apprentissage progressif qui permet d’améliorer ses tactiques.
Le jeu d’ailleurs propose un choix de vitesse du déroulement pour ceux qui maitrisent les cartes (jusqu’en X3 !).

Cependant, ce jeu reste relativement léger en proposant des parties courtes et intenses. Le hasard, présent dans le tirage des cartes et les jetons, a sa part aussi dans votre succès ou votre défaite. Et même si l’appli offre une certaine résistance, elle ne créera pas au fil des parties de stratégies surprenantes pour rendre ce jeu iBidule exceptionnel et rejouable à l’infini, l’IA se limitant le plus souvent à des actions logiques et directes.
On ne parlera pas du nouveau hit du siècle, mais plus d’un petit jeu stressant et tendu, psychologique et rusé, dont chaque partie représente un défi à relever. Le genre de jeu qui met en valeur tout le potentiel de l’iPad, et qui saura en prime vous donner une furieuse envie de tester la version carton !

L’avis de Carona
Alien Menace fait l’objet d’une bien belle adaptation sur iPhone et iPad. C’est un jeu qui se joue rapidement, fluide et simple d’accès, mais qui comporte quand même des choix stratégiques importants. Il faut avoir une vision au moyen ou long terme dans ce jeu pour être capable d’endurer la traversée des diverses pièces vous séparant du portail dimensionnel à refermer. Il faut toujours faire les bons choix et ne pas se précipiter, savoir perdre une bataille pour gagner la guerre : un jeu nerveux et immersif comme je les aime.
Justement, une attention particulière a été portée sur le côté immersif : les divers effets sonores, musiques d’ambiance, effets d’apparitions et disparitions des cartes participent énormément à accentuer le côté mission périlleuse et stressante à souhait. Le graphisme est particulièrement bien étudié et renforce là encore l’immersion dans le jeu ainsi que les diverses animations comme la course effrénée et le souffle haletant du Major Scott qui traverse les salles.
Le gros point fort reste son prix plus qu’abordable pour un jeu de cette qualité.
Cependant, cette adaptation n’est pas exempte de défauts : le hasard y a une place prépondérante comme dans tout jeu de cartes. Les pièces utilisées pour se renforcer sont également soumises au hasard ce qui renforce le côté stressant du jeu et l’immersion dans celui-ci, mais qui peut en rebuter certains.
Les niveaux de difficulté sont bien étudiés. Le mode recrue est adapté aux débutants qui décideront bien vite une fois une ou deux parties réussies, de passer au mode vétéran qui n’est pas particulièrement compliqué, mais qui est une marge de progression accessible. Heureusement le mode cauchemar est là pour relever un peu le niveau, mais reste pour ma part encore un peu léger par rapport aux décisions que pourrait prendre un humain à sa place. Par exemple, quand l’Alien peut récupérer une carte de la défausse, il prend souvent la plus puissante alors qu’il pourrait choisir par exemple une carte évènement plus adaptée à la situation pour affaiblir le Major Scott.
Sur quinze parties malgré la place prépondérante du hasard que j’ai limité en ne me servant des pièces qu’en cas de derniers recours, j’en ai perdu seulement cinq.
Ce qui souligne un autre défaut du jeu qui est l’impossibilité de jouer en multijoueur que ce soit Online, en Pass and Play ou en connexion entre iBidules utilisant le Bluetooth ou WiFi.
Pour ma part et cela n’engage que moi, ce jeu a un potentiel fort intéressant si l’éditeur décide de sortir une mise à jour pour qu’un joueur incarne L’Alien contre le Major Scott. Un mode local serait pour le moment suffisant, mais une version online rendrait ce jeu incontournable dans son genre.
En conclusion, Alien Menace est un jeu immersif et soigné, mais à la durée de vie courte, mais qui peut se justifier par son petit prix.

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