Ballon Cup, On se sent léger d’un coup !

Voila un jeu au thème et au graphique qui m’auraient rebuté s’il n’avaient eu la marque de fabrique Kosmos gravée sur l’écorce. Kosmos, c’est mes plus beaux souvenirs ludiques en petit jeu. Le seigneur des anneaux : Confrontation, Objectif Catane, Dracula, Kahuna, à chaque fois, un jeu pas bête, surprenant et au thème très fort.

Ballon Cup, ou le jeu de la course en montgolfière. En ouvrant le plastique de la petite boite, je m’interrogeais sur les mécanismes qui pouvaient, comme Kosmos le promets, nous donner des ailes…

 

Niveau matériel, c’est un peu démuni. 4 plaques bifaces, plaine et montagne. Un bon paquet de cartes de 5 couleurs représentant des ballons plus ou moins haut. Des petits carrés de bois de 5 couleurs et un livret de règles. Les règles font 2 pages à tout casser, bourrées d’illustrations. On reconnaît les experts.

 

Sophie est déjà en train de regarder les dessins des cartes. Des pastels de ballons, aux couleurs douces et aérées. Je finis la lecture des règles et reste perplexe quelques instants. Le thème m’échappe un peu…
Les 4 plaques sont posées au centre de la table. On dépose au hasard des carrés sur chacune d’elles. Sur la première, un seul carré, la seconde deux, la troisième trois et la quatrième, quatre… On distribue 8 cartes et on met en évidence les 5 trophées, des 5 couleurs des cartes. Et de là, à les croire, on est prêt à jouer.Le principe est redoutable. Mes cartes indiquent des valeurs qui sont en fait des altitudes. Je ne peux mettre pour chaque paysage (plaine ou montagne) que des cartes de la couleur des cubes qui sont sur elles. La valeur indiquera, en fonction du coté ou elle se trouve, la hauteur de mon ballon, ou de celui de Sophie. La première à un cube bleu, c’est une plaine. Je peux mettre une carte de mon coté, ou de celui de Sophie. Mais de toute façon un bleu. Et comme c’est une plaine, celui qui gagnera sur cette plaque sera celui qui aura le plus petit score. Chaque trophée a la valeur d’un nombre de cube de sa couleur. C’est donc une course aux trophées, 3 pour gagner la partie !
C’est à ce moment que j’ai senti me pousser sur le crâne des lunettes d’aviateur…Pendant que je tirai sur la corde à gaz, faisant ronfler le brûleur pour tenter l’élever mon ballon, Sophie jouissait déjà du panorama des montagnes. Elle m’agaçait à toujours monter si haut. Les vents capricieux me bloquaient souvent en dessous d’elle, m’empêchant de profiter des courants qui me feraient gagner ces relais. Dans les plaines, je suis bon, il me suffit de faire profil bas pour que mon ballon fuse au ras du sol. Elle, je trouve toujours moyen de la remonter pour qu’elle soit bloquée par les vents contraires.
Cela ne parait rien, mais les températures sont primordiales dans le déplacement, et gagner les courses est une question d’optimisation des trajets. Depuis le temps que je cours, j’ai appris à lever les jambes dans les épreuves escarpées. Les parties les plus difficiles du parcours sont influencées par 4 vents et seul l’ensemble peut ou non me donner la victoire. Ces vents, on dit que c’est les Dieux qui les dirigent. Il semble qu’ils ne soient pas toujours avec moi !Ma première coupe, la rouge, a été une grande victoire sur Sophie, fine navigatrice. C’est passé à deux mètres à peine, mais j’ai bien senti que c’était un coup voulu. Le Dieu qui me suit a ralenti sa montée pour me laisser passer devant. J’ai enchaîné les courses, et les victoires jusqu’à atteindre les trois coupes ! La partie a été serrée, et c’est avec les narines dilatées qui nous avons ré-atterri dans le salon, ébouriffés des vents portants.

Ce jeu ne dénote pas de la gamme Kosmos. Sa beauté simple et ses mécanismes basiques laissent une grande part à l’imaginaire. On se plonge très facilement dans ce monde de ballons qui montent ou descendent, de courses qu’on gagne et de trophée qu’on remporte. L’equilibrage-même des cartes rends les trophées plus ou moins difficile d’accès. A la fin de la partie, Sophie, les yeux brillants m’a simplement dit « Il est génial, ce jeu ! ». Ca résumait tout le voyage qu’on avait fait… et qu’on a réenchainé de suite !

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