Apple : Les Colons de Catane

Les colons de Catane sur iOS

Eh, on se fait une partie de Colons de Catane ?
Ça serait cool, mais où vois-tu une boite du jeu dans ce camping ?
Laisse tomber les boites, j’ai mon iPhone !
Et tu crois que ça va être aussi bien ?
Mouais, pas sûr, mais bon, faut essayer…


Les Colons de Catane, de Klaus Teuber, règnent en maître depuis 15 ans dans le royaume des jeux de société modernes. Initiateur de système à point de victoire, ce jeu a ouvert la voie à des centaines d’autres, jouant sur la gestion fine des ressources, les choix cornéliens et la négociation. Catane est donc tout indiqué pour devenir l’exemple à mettre en avant parmi les nouveaux supports ludiques. Adapté sur toutes les consoles de salon de dernière génération, mis en publicité de la dernière création de Microsoft appelée « Surface », Catane suit son chemin numérique pour arriver également chez Apple, sur l’iPhone, l’iPod et l’iPad. Peut-on vraiment espérer qu’un appareil remplace le carton ? Voyons l’intérêt de ce jeu sur les supports Apple.
Le jeu a été conçu par Exozet Games en collaboration avec le développeur de Catane, Klaus Teuber, et publié par USM – United Soft Media. Le jeu est disponible en anglais, allemand, français, espagnol, néerlandais et portugais au prix de 3,99 €.


Résumé du jeu

Pour résumer le but du jeu, vous arrivez sur une île vierge faite d’hexagones indiquant les ressources que chacune produit. En plaçant vos routes, vos colonies et vos cités de manière judicieuse, vous récupèrerez à chaque tour, et selon les hasards de deux dés, des ressources qui vous permettront d’avoir encore plus de cités, de routes et de colonies. Les joueurs s’affrontent sur la même carte avec donc un nombre de routes et de ressources limité. Les routes les plus longues, les colonies et les cités rapportent des points de victoire. Le premier arrivé à 10 points de victoire remporte la partie.
Vous pourrez au fil du jeu procéder à des échanges de ressource avec la banque ou avec d’autres joueurs, vous pourrez déplacer un voleur qui pillera les ressources des autres joueurs à votre avantage, et enfin acheter des cartes spéciales qui vous donneront des bonus particuliers.

Le jeu vidéo, support ludique ?
On appuie sur l’icône du jeu, et une musique digne de grands films d’aventure commence. Un petit texte d’introduction nous parle d’intrépides explorateurs qui vont s’affronter pour la souveraineté de l’ile, avec pour fond un lever de soleil sur une cité, le symbole de Catane. Quelques lignes qui résument les règles et motivent au défi !
Arrivé dans le menu, on aborde la partie didacticiel, le point fort des supports numériques. Une règle aussi agréable à regarder qu’un dessin animé « Il était une fois la vie », sauf que le pas à pas interactif du Professeur Easy (un Einstein qui nous explique les règles selon le style des jeux DS) fait que pour une fois, on va retenir des trucs. Ce didacticiel se divise en grandes catégories sur le principe de l’entonnoir en commençant par les grands principes du jeu pour arriver aux spécificités comme le voleur, la route la plus longue ou les cartes « développement ». Le tout est donc soigné et pédagogique, rendant le jeu très facile à aborder, et selon le principe de Catane, à la fin du didacticiel, à force d’exemples à suivre, vous avez fait sans vous en rendre compte votre première partie.

Le jeu solo, enfin
On peut détester jouer seul, exécrer la solitude des écrans d’ordinateur et regretter de ne pas jouer plus à Catane. Le logiciel a été conçu pour favoriser un mode solo de bonne qualité. Dans le jeu, vous choisirez le nombre de vos adversaires artificiels, dont chacun est doté de paramétrages différents, les rendant uniques dans leur stratégie de développement. Pour exemple le pirate Jean ne fait aucun compromis, Vincent le marchand, est fin négociateur, Sean le chevalier, un bourrin sans nom, Jeanne la Pirate, plutôt agressive, notamment sur les enchères.
Les parties s’enchainent sur les règles du jeu de base, et nourrissent une autre partie du logiciel à savoir les statistiques détaillées. La distribution des scores de dés (permettant de vérifier l’équité des scores obtenus), les scores de vos adversaires virtuels et réels au fil des parties, un classement des adversaires selon le plus méchant et le plus doué et un résumé détaillé de toutes les transactions ayant eu lieu dans le jeu, permettant de percer des stratégies adverses.
Le jeu permet ainsi une forme de tournoi permanent pour le classement des joueurs réels et virtuels.

Beau et fonctionnel
Ce jeu a été très bien conçu. On lui reprochera cependant de ne pas intégrer un mode paysage plus pratique, mais on se contentera du mode portrait avec plaisir tout de même. La carte est zoomable et défilante, permettant d’atteindre en deux gestes les moindres détails du plateau. Les tuiles animées offrent une sensation de fraicheur au jeu de société, dont la bande son adaptée accentue encore l’immersion. Des bruits de chevaux pour la construction d’une route, un coq pour une cité, une musique de fond à l’ambiance médiévale des plus agréables. Le jeu brille ainsi par son ambiance rafraichissante et immersive.
Les options du joueur sont faciles a atteindre, on voit en bas de l’écran l’état de nos ressources et quand nous décidons de construire, chaque bâtiment proposé indique également son prix en bas de page. Bref, facile et intuitif, idéal.
En début de partie, le jeu vous propose une grande quantité d’options, permettant des parties courtes ou au contraire très longues, avec ou sans voleur, avec des modes de démarrage différents ou des tuiles ressources fixes ou aléatoires.
Petit détail fonctionnel enfin qui m’a beaucoup plu, l’extinction de l’application n’annule pas la partie en cours. Vous la poursuivrez au prochain démarrage en cliquant sur « continuer la partie »

Joueurs multiples, le point faible du jeu
Ce n’est pas vraiment le point faible du jeu, mais plutôt celui du support. Un iPhone, par exemple, mesure une dizaine de centimètres de haut, ce qui rend difficile à 4 personnes de suivre le jeu en même temps sur son écran. De plus, chaque joueur devra cacher l’iPhone à son tour car il a besoin d’avoir accès à ses cartes secrètes. Au final, on ne voit pas tout ce qui se passe, les tours deviennent longs, le plaisir ludique est largement inférieur ici à celui de la bonne boîte en carton. L’iPad ne répond pas non plus très bien à cette proposition, même si la taille de l’écran rend la participation de chacun plus confortable, mais à la limite, je dirais « faute de grives, on mange des merles » et le jeu reste capable de faire une partie en multijoueurs qui sera plus une anecdote ludique d’une véritable passion à répétition. Cependant, il faut avouer que pour un jeu à trois minimums, c’est bien pratique de pouvoir ajouter une intelligence artificielle comme troisième joueur quand on ne peut faire autrement.

Les extensions ?
Les concepteurs du jeu, soutenus par Klaus Teuber, annoncent intégrer progressivement des extensions au jeu de base dans des mises à jour gratuites du logiciel. Ce jeu est un tel succès sur les consoles qu’il n’y a que peu de raison de douter de leur parole, même si le coté mercantile ne sera pas pleinement satisfait dans cette démarche. L’idée de charger une mise à jour et de voir les îles, les chevaliers, les barbares, etc… apparaitre est vraiment plaisante, ce jeu ayant probablement le plus d’extensions au monde.

Mon avis
Les colons de Catane – La première île, est une réussite dans son mode solo. Je me suis redécouvert une passion pour Catane à travers lui, grâce à son ambiance sonore et musicale, sa facilité de gestion, la qualité des I.A. On ne trouvera pas le même plaisir que le jeu carton car il manque les subtilités qu’offrent les interactions humaines, mêlant les coups tordus, les offres scandaleuses, les vengeances, mais ce jeu reste un véritable plaisir en soi, un plaisir plutôt égoïste, renforcé par le fait d’avoir des adversaires motivés disponibles en permanence dans la poche pour jouer à ce bon vieux Catane !
Une idée originale aurait été de créer un mode multijoueurs online ou Bluetooth, permettant à chacun d’avoir son propre écran, et certaines rumeurs tendraient à montrer que cette idée n’a pas échappé aux développeurs pour les mises à jour à venir…

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