Mot de la fin

Dans le desert, un homme sur une échelle scrute l'horizon aux jumelles

Il y en a parmi nous qui s’inquiètent pour l’avenir… Je sais, en 2033, on devrait manquer d’eau potable sur la terre, des sous-marins nucléaires russes continueraient à rouiller dans leur cimetière et rien ne pourra empêcher le réchauffement de la terre et l’avancée du désert en Afrique… Des femmes parfumées au Ohé continuent à dévaster la forêt amazonienne, les bourgeois seront riches et les SDF pauvres… Ok, en un mot, ça s’annonce mal.

On vient de passer le cap de l’an 2000, pour certains, cela évoquera une gueule de bois terrible, ou un des plus beaux feu d’artifice jamais vu… Mais pour la plupart, il faut l’avouer, ça a dérangé un peu de se réveiller identique le lendemain :  “ alors, c’était ça ! ”. Où sont les voitures volantes, les hologrammes, les pilules de bouffe ? Que sont devenus ces fictions des années 80 qui nous promettaient des voyages interstellaires et temporels ? Au lieu de pilule nutritive, on a de la bouffe contaminée par on ne sait plus quoi !Triste vie que celle d’un estomac de nos jours… Sinon, les prix ne sont pas compétitifs entend t’on sur les principaux médias… Leurs milliards sur notre santé… Mais bon, je ne dirais rien…

 

Après tout, on n’est pas si mal, bien lotis dans notre vie étudiante européenne et occidentale, à l’abri de la misère humaine, on ne côtoie qu’un extrait, concentré certes, de crise sociale. Les grèves nous amusent, les manifestations nous ravissent, on est étudiant, ni paumé, ni bosseur, mais étudiant… Matière à forger ! Le travail, ça viendra… y en a pas ? on attendra. L’étudiant, en tant qu’animal social est le plus curieux de l’espèce humaine. Un peu comme un enfant devient adulte, un élève devient professionnel et passe par le stade adolétudiant . D’abord, on l’ampute de ses parents, puis on le lâche dans une ville, de préférence loin de chez lui, on lui donne l’emploi du temps et on obtient un parfait glandeur… On le laisse macérer dans ses soirées, bringuer jusqu’à six heures du matin et pioncer au lieu d’aller en cours, et on a déjà la fin de la vie de l’élève, dernière structure du rempart disciplinaire inculqué au lycée… arrive la transition vers l’étudiant professionnel. Lorsqu’il se sent vraiment détaché de tout, c’est alors que l’on va lui parler de créativité : nouveau mot dans la langue de l’étudiant, on va le pousser à créer… une enquête, un film, un montage… Au même titre que les cubes, l’étudiant s’éveille et goûte à une nouvelle chose : la satisfaction du travail accompli ! C’est a ce moment que l’étudiant glandeur a tendance à disparaître… Enterré dans le jardin des souvenirs, bouteille à la main, on lui fleurira sa tombe à chaque occasion de remémoration… triste sort arrosé de quand j’étais jeune !  L’étudiant devient véritablement le mythe de chaque homme… Les soirées pâtes au ketchup, les crêpes avec les potes, les soirées brumeuses et les souvenirs colorés ont l’air de faire des envieux du coté professionnel. Quand vraiment ça ne va plus, pour nous, on nous rétorque qu’on en rira plus tard… pourquoi ? Plus tard, ce sera pire ? Le stress, le boulot, la baraque, le loyer, la banque, l’assurance, l’essence, les enfants, la retraite… Tous ces mots qui font rêver l’étudiant paraissent en fait bien vides… Impatient de prendre la place qui l’attend et avide de connaissances, en quelques années et alors que rien ne le laisse prédisposer, la fac a fait de nous des hommes…

 

 

 

David GOS.

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