Etre psychothérapeute

Muriel Grieshaber est psychothérapeute à Petite-Rosselle près de Forbach depuis le début de l’année. Elle pratique la Rebirth-thérapie et la Clarification . Ces techniques arrivées sur le sol français depuis une dizaine d’années seulement s’insèrent dans le monde psychothérapeutique et répondent à une véritable demande. Portrait d’un cœur, d’une oreille et d’une main.

 

« Trouver le bonheur en soi est difficile, le trouver à l’extérieur est impossible ». Cette phrase anonyme résume à merveille le besoin qu’a l’être humain de se comprendre et de s’accepter. Pour chaque difficulté de l’esprit ou de l’âme, des hommes ont établi une aide ; Psychiatres, psychologues, psychanalystes, neuro-psychiatres, pédo-psychiatres . Ces Médecins Spécialistes et Universitaires  aident leurs  patients à régler de graves problèmes,  les médicaments, la sexualité, les rapports aux parents, tout y est décortiqué selon des techniques élaborées par de grands penseurs comme Socrate le Maïeuticien, qui faisait accoucher les âmes,  Freud le prude, qui voyait dans l’homme un névrosé pervers. Chaque technique, chaque science a raison face a son patient. Mais où aller, chez qui toquer lorsque ça va mal, lorsqu’on se rend compte qu’on est son propre frein à son bonheur ? Lorsqu’on  s’interdit son bonheur. Muriel, 51 ans, répond à cette question en parlant de son domaine, son métier.

« Beaucoup de gens vivent dans des croyances pré-établies, des idées aussi rigides que des blocs de pierre qui font barrage à leur vie ; Etre contre son bonheur n’est pas un acte sain. Aussi, mon métier consiste à accompagner le client demandeur vers le but qu’il s’est fixé. Je fais alliance avec l’individu, pas avec sa problématique. Je deviens un outil de sa libération. »

Après un divorce difficile en 1991, Muriel s’est retrouvée face à elle-même, situation que tous les divorcés, séparés et autres abandonnés connaissent. De là, elle a commencé un chemin qui l’a menée à sa propre rencontre, elle fit un travail sur elle et s’est découvert un désir d’aider les autres. Il s’est concrétisé dans un premier temps par le métier de formatrice en Français dans une école Allemande, puis en tant que formatrice Gattegno après avoir suivi un enseignement de plusieurs années. Dans son désir d’aller plus avant dans l’aide aux autres, elle rencontre en 1997 Jacques de Panafieu, psychothérapeute, forrmateur en psychothérapie et porte-parole charismatique de la Clarification  pour laquelle il s’est battu depuis plus de 10 ans afin d’obtenir une reconnaissance par les instances européennes. Jacques basait son enseignement sur la découverte et l’expérimentation des techniques de clarification par ses élèves. Autrement dit, l’enseignement équivaut à l’expérimentation, car il est très important de savoir ce que son client vit lorsqu’on l’aide. Ces techniques ont été développées il y a plusieurs dizaines d’années par un Américain, Charles Berner qui parlait ainsi de sa méthode « Vous devez vous dévouer à la personne que vous vous apprêtez à aider. C’est l’un des engagements les plus nobles qu’il soit dans la vie. Chaque seconde de la séance doit être consacrée à la personne que vous aidez. S’il en est ainsi, la personne répondra du plus profond de son être. S’il manque quelque chose à cet engagement de votre part, elle restera sur ses gardes. ». Jacques de Panafieu résume ainsi sa vision de la Clarification « C’est de l’Alliance entre les partenaires que naît l’efficacité de la Clarification. Là où une personne seule ne réussit pas à sortir de l’ornière, l’effort conscient et concentré de deux individus engagés dans la même direction accomplit des miracles. » Oui, mais si on parle de miracle, on ne parle pas de miracles pour tous. En effet, il fait partie de la formation de Muriel de ne rien promettre qu’elle ne pourrait tenir. Elle connaît les zones d’actions de chaque thérapie, et peut très bien conseiller tel ou tel psychiatre à un client si son cas n’est pas compatible avec les possibilités des techniques qu’elle maîtrise.

Muriel a suivi une formation sur trois ans avec Jacques de Panafieu. Durant cette formation, elle a appris à créer une alliance avec le client, à évaluer son cas, à ne pas juger, ni réparer mais pousser à la libération, ainsi qu’à donner toute son attention au client. Ceci pour la structure d’une séance. Elle a appris à manier des outils tel que le Rebirth, à gérer des situations à thème comme « repositionnement familial », « Homme/femme », « connaissance de soi », etc… « J’ai beaucoup appris sur moi, sur qui je suis en réalité avec ces outils. Nous devions les pratiquer entre nous au début, autant dire qu’on a eu des surprises. » La technique qu’utilise Muriel, la Clarification, a été créé par Charles Berner dans les années 70. Technique perfectionnée pendant plus de 20 ans en Californie, elle a obtenu des résultats très rapidement. Son procédé est simple ; Formuler des consignes sous forme d’instructions que l’on répète à son client jusqu’à ce qu’on ait l’impression d’avoir touché la réponse, qui n’est, naturellement, jamais tout à fait la première. Imaginez de poser très sérieusement dix fois la question « Dis-moi qui tu es » à une personne, vous obtiendrez dix réponses différentes, ce qui constitue un début d’exploration pour la personne répondant. Cette question « Dis-moi qui tu es » est le fondement même de cette technique. « On nous a enseigné comment parer les réflexes de défenses de certains clients qui refusent la question. La sensibilité est des fois mise à rude épreuve, mais nous nous devons d’accueillir le client tel qu’il est. De toute façon, c’est lui qui contrôle le début et la fin de la séance. Nous, nous suivons un protocole précis dans lequel peu de libertés sont permises. Les techniques de Charles Berner sont efficaces dans leur ensemble. Tout doit être respecté en Clarification.». Cette méthode, de plus en plus développée en Europe par notamment Christianne Schmelzer et Desimir Ivanovic, commence à faire parler d’elle. Idéale pour se comprendre, comme si quelqu’un vous aidait à construire votre propre décodeur. Il est bon de signaler que Muriel, comme beaucoup de psychothérapeutes issus de sa formation, propose un premier rendez-vous gratuit qu’elle appelle l’ « entretien initial », un contrat tacite entre le psychothérapeute et son client une fois seulement qu’ils ont décidé de travailler ensemble sur un certain nombre de séances. Durant ce premier contact, le client va devoir tenter de définir son problème ou son désir, autrement dit son objectif. Quant à Muriel, elle va devoir déterminer si elle est en mesure de l’aider. « On donne tellement d’attention dans ce métier que nous n’avons pas droit à la faiblesse. Aussi, quand j’ai l’impression que ça dépasse mes compétences comme par exemple un schizophrène, je préfère ne pas entamer un travail et leur conseiller des gens plus qualifiés pour me remplacer. Je ne veux pas juger mon client, et je veux l’aider. Le contrat pris lors de la première séance est bi-latéral. Je m’engage autant que lui. » Muriel est encore sous supervision et devra le rester pendant 500 heures de clientèle. Ce tutorat, plutôt bienvenu d’après elle, lui permet d’être aidée sur ses premiers cas difficiles, et surtout, cela lui permet de se repositionner par rapport à son travail. « Il m’arrive de me demander pourquoi je ressens telle ou telle émotion, colère ou tristesse face à un client. A qui en parler ? La    supervision me permet de recevoir  à mon tour une aide extérieure qui m’est nécessaire. ».

Muriel a deux spécialités, la Clarification  et la Rebirth-thérapie. Cette dernière, développée par Leonard Orr et Sondra Ray aux Etats-Unis dans les années 70, s’insère de plus en plus dans le domaine psychiatrique et psychanalytique. Basée sur une hyper-oxygénation consciente accompagnée par un Rebirth-thérapeute, le Rebirth, « renaissance » en Anglais, emmène sans violence le client dans ses souvenirs, de façon intense et profonde. Le voilà qui peut reconnecter avec des événements passés qu’il revivra avec ses yeux d’enfants, les soumettant par la suite au regard adulte. Car nous oublions souvent que nous grandissons. Il n’est pas rare de voir des clients revenir au stade fœtal, revivant leur naissance et en tirant un savoir qui leur était nécessaire. Dans ce travail, un psychothérapeute compétent est indispensable. « Le rebirth peut se pratiquer à deux ou en groupe, sur sol ou en piscine. La séance dure entre trente-cinq et quarante-cinq minutes. Cela dépendra du temps dont aura besoin le client. » Cet outil est un puissant atout à la Clarification et offre un service efficace au client afin d’accéder enfin a ce qui lui pose problème pour pouvoir après le régler. « Je ne parle pas de régler un problème mais plutôt de le dissoudre. Il m’arrive de demander à mon client « reformule le problème tel qu’il t’apparaît  à présent » et de l’entendre répondre « Euh, je ne sais plus » comme s’il avait oublié les bases de son problème. Dans ces cas là, j’imagine sa difficulté se dissoudre au fur et a mesure qu’il en prend conscience. ». Merci de cette précision, Muriel et bonne continuation.

 

Encart 1

Clarification

L’objectif fondamental de la clarification est de nous libérer des croyances invalidantes qui nous freinent et nous limitent dans nos expansions naturelles. Sur le chemin, nous développerons nos capacités à communiquer et nous transformerons nos problèmes en projets.

 

Rebirth

Le rebirth remet en mouvement ce que la peur avait figé, ouvre des périodes archaïques, donne accès à des souvenirs enfouis, fait remonter les émotions refoulées. Dans notre pratique, il s’inscrit dans une stratégie thérapeutique complète qui permet d’intégrer les prises de conscience au niveau quotidien.

 

Jacques de Panafieu

Ce grand Monsieur était un psychothérapeute de renom et formateur exemplaire. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages devenus référence en la matière. « Qui suis-je », La « Rebirth-thérapie », « les séminaires intensifs ». Il a introduit et pratiqué la Clarification en France, et a été un des pionniers du Rebirth depuis 1974. Expert en séminaires intensifs « qui suis-je », il détient le record probable du monde du plus grand nombre pratiqué ou supervisé. Philosophe, Humain, plein d’humour et désormais regretté, il est décédé en Mars 2001.

 

 

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*