Airpods, faut-il acheter le nouveau casque sans fil d’Apple ?

Apple semble vouloir se positionner sur tous les marchés possibles. Après la TV ou les montres, voici les casques bluetooth. Petit et moche ?

Bon, au bénéfice d’une promotion sur du matériel d’occasion sur Priceminister, je me suis payé les airpods pour 125 € en très bon état. Je suis comme ça, je ne paye jamais le prix Apple, mais j’étais vraiment curieux de la qualité. Me prenant la tête depuis quelques mois avec les fils de mes casques, j’avais envie de passer au Bluetooth, mais la qualité est à un prix prohibitif pour moi. Plus de 200 € pour du matériel correct en moyenne.

Est-ce que les petites boules blanches peuvent faire du bon boulot ? Oui et non, mais oui quand même.

 

La meilleure version de casques bluetooth du marché ?

Comme à son habitude, Apple a confié aux designers et ergonomes de sa boîte le soin de concevoir un casque idéal. Une fois celui-ci formulé, c’est aux ingénieurs de se casser le cul pour trouver une manière de le rendre réel.

Voici donc les Airpods. Ils ressemblent à des casques Earpods auxquels on aurait juste enlevé le fil. Logique vue les efforts de R&D qu’ils ont déployées pour créer cette « forme idéale » qui s’adapte naturellement à quasiment toutes les oreilles humaines. Une petite tige reste, qui donne un effet pas vraiment sexy, mais reste un impératif pour équiper les écouteurs de micros suffisants pour téléphoner. 

Au-delà, il faut que ce soit simple, automatique, naturel à l’usage. De ce côté, encore une fois, les designers ont fait merveille. Mettez-les à l’oreille et ils sont appareillés et actifs, tapotez dessus et vous obtenez une écoute de Siri ou la possibilité de changer de chanson. C’est paramétrable simplement dans le menu Bluetooth. Chaque écouteur peut avoir une autre fonction pour le double-tapotage. 

 

Couper le cordon, quel plaisir !

Il faudrait commencer par là peut-être. L’essentiel du plaisir de ce produit est de ne plus sentir ce foutu fil encombrant qui tire dès qu’on bouge la tête ou se prend dans notre col de veste ou fait du bruit contre la fermeture éclair de nos vestes. Bouger la tête sans contrainte est un vrai plaisir à découvrir. On se sent libre de nos gestes, et les Airpods restent parfaitement en place. Tout le plaisir est là. Sinon, gardez le casque filaire filé avec votre téléphone. Il fait le même taff (sauf à se connecter avec d’autres appareils sans prise jack).

 

Régler les problèmes inhérents à la forme des airpods

Vu la taille incroyablement réduite d’une technologie si puissante, il restait peu de places pour la batterie. Bien que les Airpods proposent une autonomie de 5 h en écoute et 2 h en discussion, ça reste léger pour un usage au quotidien. La solution ? Le boîtier de rangement des écouteurs fait aussi officie de recharge. Lorsqu’ils faiblissent, on les range, et déjà 15 minutes après, on a 30 % de batterie rechargée. Le boîtier peut ainsi les recharger 5 fois avant qu’il ne doive être lui-même rebranché sur un câble lightning. 

Apple pallie ainsi à la première difficulté en créant, comme pour sa montre, un outil adapté au geste naturel. J’enlève ma montre le soir, je la remets le lendemain. Elle est donc rechargée et prête à l’usage sans que je n’aie réfléchi à la question de la recharge. Ici, je range les Airpods pour ne pas les perdre. Et quand je les ressors, ils sont prêts à 5 h d’écoute. C’est logique, simple, élégant, transparent. Un bon boulot d’ergonome.

L’absence de boutons cliquables sur l’Airpod semblait un impératif esthétique pour garder la simplicité du produit. La solution se trouve en interne, avec un détecteur de mouvement et un capteur qui permettent de savoir quand l’écouteur est dans l’oreille et quand on le tapote. De là, on peut développer des fonctions essentielles, sans fioritures, limitées à l’usage de cet accessoire. On reconnaît la quête de simplicité de la marque.

En croisant les données et les capteurs, on peut générer des comportements automatiques adaptés aux gestes naturels.

  • Si j’enlève un écouteur parce que quelqu’un me parle, la musique ou la vidéo se mettent en pause. 
  • Si je n’utilise qu’un écouteur en laissant l’autre dans sa boite, l’Airpod s’active en mono.
  • Si mon téléphone sonne, je tapote deux fois et cela décroche, je retapote et je raccroche.
  • Si je tapote deux fois à droite, j’active Siri sur mon téléphone, si c’est à gauche, je passe la chanson (paramétrable)
  • Quand l’Airpod manque de batterie, une petite sonnerie retentit à l’écoute pour me signifier qu’il reste 10% de batterie.
  • Quand j’ouvre le boitier contenant les airpods, l’iPhone les appaire automatiquement.
  • Si je veux augmenter le son, j’active Siri et lui demande de le faire.

Bref, l’ergonomie est réellement le point fort de ces appareils qui s’utilisent dans une logique instinctive et permettent tout ce qui est possible sur les modèles Bluetooth. Encore une fois, pas besoin de mode d’emploi pour les utiliser à plein potentiel. Magnifique travail.

 

A l’écoute, ça vaut quoi ?

Tout dépend d’où on part. D’un côté, le son de ces Airpods est un peu supérieur à ceux des Earpods filaires, et le son du micro est monté de plusieurs crans en termes de qualité de captation. D’un autre, ça reste de l’entrée de gamme avec un sérieux manque de profondeur et de relief. L’équilibrage reste de bonne facture, et la musique est plaisante. J’apprécie aussi un de ses défauts, à savoir que les écouteurs manquent d’isolation. Je n’aime pas me sentir coupé du monde sonore qui m’entoure.

Ayant un casque filaire Bose d’entrée de gamme, le gap entre les deux est vraiment important. L’Airpods est un haut de gamme de l’entrée de gamme et même pas encore sur le bas de gamme du haut de gamme (si tu vois ce que je veux dire).

On aura plaisir à redécouvrir les fonctions cachées du paramétrage de l’appli Musique avec son équalizeur préprogrammé pour sortir plus de basses ou un peu plus de relief. Je comprends toute la difficulté technique de sortir une spatialisation correcte, qui justifie sans doute les prix exorbitants des Bluetooth intra-auriculaires de Bose. Reste que ça reste juste des bons casques simples, et pas du haut de gamme. Ayant toujours le Bose AE2I filaire à côté, ça ne me dérange pas trop.

 

Les Airpods se greffent dans un écosystème bien pensé

Là où on voit toute la difficulté du travail d’Apple, c’est lorsqu’il unifie l’expérience de ses utilisateurs en l’augmentant de manière unifiée sans pénaliser ceux qui n’investissent pas dans les nouvelles features.

L’Airpods se connecte à l’iPhone en quelques secondes. De là, il transmet la musique, utilise Siri, décroche et raccroche le téléphone, permet d’être utilisé à une ou deux oreilles, coupe la musique quand on enlève une oreillette, etc.

Comme la montre d’Apple, dans Watch OS 4, vient d’acquérir une fonction de contrôle de la musique automatique (dès que vous écoutez de la musique sur l’iPhone, votre montre vous affiche toujours d’abord les fonctions de contrôle), vous accédez au volume et aux changements de musique en déporté, en laissant le téléphone dans la poche. Pour changer de musique, c’est Siri qui s’en charge en double-tapotant. Bref, je ne sais même plus où est mon téléphone en ce moment alors que j’écoute une playlist de « chansons agréables pour se réveiller » et que je passe les musiques via ma montre. Tout ça est à la fois cohérent et naturel.

L’Airpods ne s’arrête pas là puisqu’il peut aussi se connecter au Mac en un clic, à l’Apple TV, à l’Apple Watch, à l’iPad, iPod, etc., du moment qu’ils sont connectés sur votre compte iCloud. Quand on veut regarder un film sur sa TV sans déranger tout le monde, c’est extrêmement simple. Idem pour travailler sur ordi dans un lieu public. Bien sûr, c’est compatible avec la captation Facetime, iMovie, vidéo ou audio. Ça occupe toutes les fonctions que c’est censé pouvoir assumer. Extrêmement facilement. Une réussite qui se greffe parfaitement dans un écosystème déjà en place.

 

La petite liste des défauts de l’Airpods

Il en faut quelques uns. Voici ceux que j’ai pu relever et, selon moi, les explications qui font que, de bonne foi, Apple n’a pas pu les résoudre.

 

1/ la qualité du son plutôt moyenne

Comme dit plus haut, ça ne casse pas des briques. Un certain manque de profondeur, de relief, aucune spatialisation. Le prix aurait été sans doute multiplié par deux pour atteindre cette qualité, en multipliant les enceintes et en utilisant le crane comme caisson basse, mais ça reste un peu dommage. C’est aussi bien sinon un peu meilleur que les Earpods, donc pas fabuleux. L’autonomie aurait aussi sans doute beaucoup souffert d’une technologie plus poussée. Enfin, Apple Music ne diffuse pas un format audio qui contient beaucoup d’infos de spatialisation, au grand dam des compositeurs attachés au mix. Si un jour vous goûtez au son spatialisé, ce sera très difficile d’estimer les casques qui n’en font pas. Reste que la stéréo marche très bien.

 

2/ Pourquoi on ne peut pas utiliser dis Siri ?

Ah, la liberté totale de mouvement manque ! La montre capte l’activation par commande vocale, les iBidules aussi, et pas le casque ? Hérésie ! C’était censé nous libérer des câbles et commandes manuelles !

La raison est simplissime. Pour que la fonction « Dis Siri » puisse marcher, il faudrait que le casque soit à l’écoute en permanence de son environnement. Bien que la fonction s’active en local, sans passer par une écoute via internet, il en reste une surconsommation d’énergie importante. Je vous rappelle que les Airpods tiennent 2 heures en mode téléphone, c’est-à-dire avec le micro ouvert, soit plus de deux fois moins qu’en simple écoute. Donc si vous voulez des écouteurs qui tiennent moins d’une heure, installez le « Dis Siri »… Sinon, tapotez deux fois sur votre écouteur pour l’activer et gardez vos 5 heures d’autonomie. 

 

3/ 100% des oreilles ne sont pas adaptées

Au passage, oui, toutes les oreilles sont différentes. Et pour ma part, je cherche encore la position optimale des écouteurs, depuis leur première version filaire. Ces boules me gênent un peu au bout d’une heure ou deux, irritant un peu mon pavillon. Donc ce n’est pas parfait encore de ce côté.

 

4/ Pourquoi on n’a pas gardé l’usage des clics sur iPod ?

Grand mystère que celui-là. Depuis plus de 15 ans, avec les appareils Apple, cliquer une fois met sur pause, deux fois passe à la chanson suivante, et trois fois la chanson précédente. C’était simple, naturel, et disponible encore sur la dernière génération d’iPhone avec casque filaire. Ici, la seule chose que reconnaissent les Airpods, c’est un double-tapotage. Ont-ils testé les trois coups ? Je comprends que le « un coup » ne puisse être utilisé, parce que l’Airpods pourrait prendre un réajustement du casque pour un clic et mettre la musique en pause, mais pourquoi pas les 3 ? On manque de contrôle gestuel ! Par exemple, je peux paramétrer des fonctions différentes pour chaque oreille, mais une seule fonction à la fois. « Activer Siri », « Mettre en pause », passer à la chanson suivante », etc. Ça reste très perfectible. Une fonction « 3 tapotements » étendrait considérablement les fonctions de l’Airpods.

 

5/ Le design, quand même..

Navré de le dire, mais ça reste plutôt moche. Ok, la logique de design de la marque ne pouvait clairement pas proposer autre chose sans désavouer tout le ramdam qu’ils ont fait pour les new Earpods il y a 3 ou 4 ans. Mais là, on dirait vraiment des filaires au fil coupé. Alors que toute la révolution technologique est interne, l’extérieur fait franchement bizarre.

 

Bref, premier bilan après quelques jours d’utilisation

Les Airpods remplissent leur fonction d’une manière simple et réussie. Bien que le son soit à peine au-dessus de la moyenne, l’ergonomie de l’appareil et sa capacité à se greffer à l’écosystème général en font un supplément réellement utile. Je pense que les fonctionnalités vont encore évoluer avec le temps et les versions, mais pour un premier essai, il y a un sacré savoir-faire.

Je ne les aurai pas payés 200 €, car à ce prix, on commence à trouver des appareils concurrents au son autrement plus détaillé. Mais à 120 €, le prix que j’ai payé, c’est un investissement largement justifié. Je les utilise au quotidien, à volume bas, pour toujours avoir une musique d’ambiance dans les oreilles. Je les recherche deux fois dans la journée. C’est simplissime, et de la qualité des casques filaires qu’Apple fournit encore avec des iPhone. Bref, couper le fil est un plaisir particulier qui rend la technologie encore un peu plus magique à mes yeux.

 

 

 

 

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